...



- Loreleï ?... Tu l'as vu là-bas ? Tu es sûr que c'était bien elle ? Non, je te crois pas... je la connais, moi... Elle ! S'éloigner si loin de ses terres... Non, impossible !


- Pourtant, c'était elle, je t'assure ! Je l'ai reconnue ! D'ailleurs, si tu n'me crois pas... Viens, suis moi... On devrait pourvoir retrouver sa trace.


- Bon sang, mais qu'est -ce qu'on attends ! Je te suis !


Et nous voilà partis, en courrant. Aujourd'hui c'est toi mon guide, tu es le regard, ce sont tes yeux qui voient au-delà. Moi, je l'aime trop. je suis aveugle. Inapte à la protéger d'elle-même... Pourtant, c'est pas nouveau. J'aurai dû remarquer... Mais elle me réponds dans un rire... Et elle a tellement l'air d'avoir besoin de ça... Juste pour pouvoir survivre. Que me cache t'elle, à la fin ?


Et toujours :


- Dis moi, ma belle : tu as pensé à manger aujourd'hui ?


Elle me réponds dans un sourire malicieux, irrésistible : " J'y ai pas pensé, j'avais pas faim et puis y'avait rien et puis j'avais pas envie... Va falloir que j'y pense... Je commence à crever la dalle, là. Mais j'ai pas le temps, tout de suite, on verra plus tard."... Et elle part faire toutes ces choses, indispensables, vitales... Si, si...


Et l'autre jour, avec son médecin désabusé :


- Et vous voyez votre cardio régulièrement ?


- Ben, j'y suis pas retourné depuis l'opération...


- Vous prenez encore des médicaments ?


- Ben non...


- plus rien ?


- Non...


 

A quoi joues-tu, mon amour ?... Et ces bains que tu prends, bouillants à en défaillir. Desquels tu ne ressors que transie de froid, grelottante et la peau complètement abîmée. Et moi, je te laisse faire. je t'observe sans rien dire. Pourtant je t'aime, je crois... Et là, tu es partie dans ce fichu quartier puant. Tu sais que tu vas te faire démolir, mais t'y vas quand même. Loreleï... Tu vas t'arrêter où ? Et tu veux me dire quoi ? Que cries-tu sans un bruit ?


- Tu es sur que c'est là que tu l'as vu ?


Tu cherches du regard, il fait si sombre... Et l'endroit est tellement sordide. Toi même qui pensais la connaitre, te disais qu'elle avait changé... Tu t'es planté ! Tu ne sais rien !... Et moi non plus d'ailleurs... Sauf ce qu'elle m'a dit : comme elle hait les apparences... Et les convenances surtout... Et tous ces gens, jugeants dans le vide... Parce qu'ils sont propres eux ! Bien sur... Tellement propres... Ils aiment tellement y croire... Croire en eux. En leur valeur. Supérieure. Fadaises. Foutaises ! Et malaise... Envie de vomir sur tout ce blanc... Trompeur... Et ces bonnes et belles consciences.


- Elle est là-bas !


Au détour d'une rue je la vois disparaitre. Accrochée à la taille d'un inconnu.


- Loreleï ! Noooooooooooon ! Attends-moi ! Reviens ! Mais tu vas où ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Loreleeeeeeeeeeeï !


Je cours pour la rattraper.


Ils ont disparu tous les deux dans la nuit.


Loreleï...


 


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Vendredi 30 mai 2008
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Loreleï ne cesse de se noyer. Elle ignore dans quoi, mais ça ne l'empêche pas de boire la tasse d'amertume, encore et encore. Et plus elle se débat, plus elle s'enfonce. Parfois des mains se tendent. Que ce soit la mienne, la tienne ou celle d' un autre, elle voit, entends, tente même de s'agripper, parfois. Mais c'est comme si chaque surface se trouvait enduite de savon liquide. Aucune prise ne semble solide et Loreleï ne parvient pas à s'accrocher.


Ce matin, tu la croiseras et pas un instant tes pensées n'imagineront ce qu'elle peut vivre.


Je la vois d'ici. Elle passe, te regarde, te souris. Si vous vous connaissez déjà un peu, vous discuterez un moment... De choses dont tout le monde se fiche éperduement. Surtout toi et même elle s'en moque, mais il faut bien s'approcher d'autrui, d'une façon ou d'une autre. Avec un peu de chance, vous parviendrez à trouver un intérêt commun et alors là, vous pourrez vous oublier, l'un comme l'autre. Car après tout elle ne sait toujours rien de toi. Rien de réel, de concret, de profond... Ensemble, les êtres peuvent se réchauffer parfois, quand ils ne se détruisent pas.


Et parfois, ils se connaissent un peu plus, se font confiance, se racontent l'un à l'autre... Et alors, tu ou je, on a vite fait de s'imaginer connaître la personne en face de soi. Mais en réalité combien de choses ignores-tu ? Peut-être qu'elle même ne sait pas...


Et puis combien d'amours, d'amitiés et de trahisons. Parfois, même les plus proches. Et puis, il y a ceux dont vous ne songerez jamais à vous méfier. Ceux dont le soutien vous semble acquis, devrait l'être d'office, ceux dont vous n'avez pas le recul suffisant pour voir qui vous noient sous des apparences trompeuses, ne font que vous affaiblir et attendent que vous les remerciez, vous traiteront d'ingrat si jamais le doute vous vient... Mais pourtant, sachez bien... J'ai entendu les pleurs de Loreleï murmurer à mon oreille... Si quelque chose en vous gueule qu'il y a un truc pas normal... Il doit bien se trouver une raison à ça. Si ça gueule tant et plus que vous essayez de l'étouffer. ça n'aura de cesse que vous écoutiez. Inutile d'utiliser les éléments de la raison contre ça. Il est des gens détournants les processus normaux, brouillants les signaux... Et vous ne comprenez plus rien. Pire... Vous croirez que c'est vous qui êtes stupide ! Certains sont très forts pour ça. Inutile de vous remettre en cause, ça ne sert à rien. Vous avez fait ce que vous pouviez. en fonctions de vos connaissances du moment... Et aussi de vos programmations.


Car vous êtes programmé, par toutes ces choses, passées, présentes, réelles ou imaginaires. Toujours, encore.


Et loreleï ne cesse de pleurer. Certains l'entendent et sont là, tout proche. Les voit-elle ? Ses sens sont-ils capables de remarquer, d'entendre, de croire encore ? Putain de peur ravageant tout. Putain de toi. Putain d'elle. De vie. De mort qui se dérobe. Et tu l'aimes... Lui aussi, à ce qu'il dit... Et d'autres encore. Et elle crève vivante. Et ça n'en finit pas. Fichu tunnel et sa lumière au bout. Tu parles ! Des pas dans l'eau boueuse, glisser, trébucher et s'étaler de tout son long. C'est toute la vie qui n'est qu'un faux semblant. Avec un peu de chance, demain elle s'endormira pour ne plus se réveiller et ce sera comme si rien n'avait éxisté. A quoi bon tout ça ?


Il l'aime. Elle le hait, le vomit. Il la méprise. Puisse t'il crever ? Puisse t'elle s'enfuir ?


La nuit et ses cauchemards n'en finissent pas de la terroriser.


Il pleut. Il fait noir. Il fait froid.


Les corbeaux s'attaquent d'abord aux yeux...


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Mercredi 28 mai 2008
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Marcher encore et encore... Sur les routes du hasard. Tenter un nouvel itinéraire. Juste pour voir. Et réaliser qu'on a très bien fait. Un coup de chance, pour une fois ! Voir que les idées nous trottant dans la têtes ne nous mènent pas systèmatiquement en des endroits qu'il eu mieux vallu éviter.


Ce jour là, il faisait bon, une douce journée de printemps... Loreleï décide alors de tenter de voir s'il n'est pas mieux de passer par là... Elle sait que ses pas la mèneront à bon port, mais ignore si le chemin sera particulièrement rude et quelles nouvelles difficultés il apportera. Pourtant, elle choisit de l'emprunter. Et puis, elle ne prends pas grand risque... Ses yeux ont déjà vu ces lieux et savent que la direction est bonne. Ce qu'elle ne connait pas avec certitude, c'est le degré de pénibilité à passer par là, ainsi que le temps que cela prendra... Mais elle arrivera, c'est certain. Alors, elle s'engage.


Et c'est agréable. Calme. Tranquile. Tout va bien... Les ennuis s'écartent d'eux-même. Tout est simple. Et puis, les pensées se lachent, l'esprit s'ouvre. C'est curieux, juste un petit changement de décor et tout se transforme en soi. Dans un sens... Ou dans un autre. Mais là, à cet instant, Loreleï est paisible... Ou presque.


Ses pensées dévient. Encore et toujours. C'est comme une maladie la rongeant. Ou un signe... Celui qu'elle DOIT faire quelque chose. Même si c'est dur. Même si elle a peur. C'est en elle. Cette impression ne la lache pas... Et ça n'aura de cesse jusqu'à ce qu'elle règle le problème. Quelles que soient les excuses qu'elle se trouve, ses dénégations, ses : "ce n'est pas si grave, ça va". Hé bien non... Ce n'est pas pour rien que ces idées la harcèlent. C'est un message. D'elle pour elle. Pourquoi refuser d'écouter ? Qu'est-ce qui peut bien lui faire si peur que ça la paralyse ?


- C'est incroyable, ça ! Je vais te secouer, moi, tu vas voir !...


Peine perdue... C'est inutile. La vie la terrorise. Comment est-ce possible ?... Je l'entends m'engueuler :


- Comment est-ce que je peux avoir aussi peur ? Mais bon sang, regarde, regarde autour de toi ! Ouvre les yeux ! Tu crois vraiment qu'il y a de quoi avancer en sautillant, le pas léger et inscouciant ? Tu ne sais rien ! Tu ignores qui je suis... Et tu t'en fous ! Moi aussi je m'en fou, d'ailleur ! Je veux mourrir... Seule la mort est sans danger... M'endormir, ne plus rien voir, entendre, ni sentir... Mais le chemin est là qui m'appelle et je dois continuer. Que je le veuille ou non. La vie est une maitresse cruelle...


Ce qu'il faudrait c'est la rassurer... Mais qu'est-ce qui pourrait bien réussir ce miracle ? Ou qui ? Ou quoi ? Moi je sais juste la regarder avec incompréhension... Et je lui en veux... C'est pas possible d'être aussi faible ! Elle mérite ce qui lui arrive... Cette imbécile n'a qu'à se bouger le cul !


- Est-ce que je l'aime ? Vaste question... Je l'aime et je la bouscule... Je ne supporte pas de la voir ainsi... Sa vision me fait mal à l'âme... Alors je me venge de la douleur que sa peine m'inflige... Et puis c'est si facile... Jamais Lorelaï ne se défendra contre moi. Mes coups la font exister. Ainsi au moins son coeur se sent vivre... C'est moins pire que de ne rien ressentir.


Et toi, le passant observateur... Simple marcheur, ami proche ou visiteur. Que voit ton esprit ? Ton âme sait-elle ? Et puis... Pousse-toi un peu... Allez que je te bouscule à ton tour ! As-tu la moindre idée de qui tu es ?... Vaurien !... De ce et de ceux que tu as laissé derrière toi ? Du mal que tu as pu lui faire parfois ? Te souviens tu de ce jour où cette pauvre fille cherchait ton contact et où tu l'as repoussé froidement ?... Sois un peu honnête... Et voyons si tu oses me dire que tu n'as jamais fait ça, ne serait-ce qu'une seule fois. Sais-tu que tu aurais pu tout changer ?


En attendant, je tourne le regard et je remarque... Ce clochard marchant dans la rue, la lèvre éclatée, sâoul à n'en plus tenir debout. Du sang sur son visage... Il passe près de moi... Lumière sur son visage : un sourire de gosse... Il est beau.

 


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Vendredi 23 mai 2008
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Et puis, il s'agit de manger. Ben oui, si vous tentez d'oublier, votre corps vous le rapellera cruellement. Alors, essayer d'aimer ça... Y'a quoi dans le frigo, dans les placards ? Quelle chance, il se trouve là plus qu'il n'en faut ! Se préparer quelque chose de bon, à tout prendre. Bon et rapide. Surtout ne pas y mettre trop de temps... C'est vrai, il reste encore tellement de choses importantes à réaliser... Telles que sortir le chien, faire la vaisselle, s'occuper de ses proches ou bien gagner sa vie. Primordial !


- Ben oui, qu'y a t'il Loreleï ? Tu ignorais que le monde ne cesserait pas de tourner sans toi ? Que crois-tu ? Ils s'en remettront, tous ! Même moi, je pourrais vivre sans toi... C'est ce que je fais déjà , non ? Regarde autour. Observe toi... Et au lieu de faire semblant d'être là, sois ! Pour quoi faire ? C'est à moi que tu demandes ça ?... J'en sais fichtre rien ! Tenter de sauver les apparences ? Peut-être...


- Mais, tu en vois les contours, toi ?...


Décidèment, cette fille est désespérante ! Pourquoi donc persister à mettre sur la table des questions évidentes ?


- Et si je te demandais, là, tout de suite ce que tu ressens, Loreleï... Serai-tu seulement capable d'avancer une réponse ? Regarde moi ! Je te parle ! Y'a quelqu'un là-dedans ?


Pfff ! c'est bien ce que je pensais. Il n'y a rien !


- Comptes-tu faire quelque chose pour te défendre ? Ou bien, vas-tu me laisser te martyriser sans fin ? Sais-tu que si tu me laisses faire, je t'en tiendrais pour responsable ? Vois-tu tous ces aveugles autour de nous ? Je sens ce lien nous reliant, toi et moi, nous et eux. Je sens ce malaise. Et ma colère monte encore un peu plus, si c'est possible...


Et je crie, hurle :


- Bande de misérables ! Bande de chiens... Galeux... Que la peste soit sur vous !


Je vomis des malédictions, en pure perte. Je ne pourrais rien écraser d'autre que moi-même... Et toi... Ma si tendre... Si tu savais comme je t'aime... Comme je te hais.


- Approche. Mais approche donc ! Vas-tu cesser de ramper, enfin ?


Tout ce sang ! Ces plaies ouvertes...


- Mais qu'as tu encore été inventer ? Je vais faire quoi sans toi, moi ? Reste ! je ne veux pas vivre seule ! Les gens autour, ils sont méchants.


A mon tour de te supplier, à genoux et dans les larmes : "Ne me laisse pas !"... Mais tu ne vois rien.


Seras-tu encore là, demain ?


 


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Jeudi 22 mai 2008
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Ce jour là, Loreleï s'est levé. Un matin comme les autres. Elle pensait à toi, parvenait encore à te sentir. Ton odeur, ta peau... Mais tu es qui ? Se pourrait-il que tu ne soies qu'un putain de cauchemar. Un parmi d'autre. Un rêve horrible au milieu de réalités pas franchement belles. Ce souvenir est-il né de l'imaginaire ou existe t'il quelque chose, là, derrière ? D'ailleur. Aucune senteur, ni peau. Mais une chambre, un endroit pour se reposer, lire et rêver. Un lieu où dormir ou même recevoir... Mais quoi donc, au juste ?


De l'amour, des rires, des jeux.


- Toi l'ami, cherche dans ta tête. Où étais-tu ce jour là ? Qu'as-tu fait ou négligé ? Et moi, quelle est ma faute ? Je sais que je ne l'ai pas protégé. Comment protéger une personne de ce qui n'existe peut-être même pas ? Et puis, c'était pas si grave. Loreleï a parfaitement su se débrouiller seule !... Mais si ! Si elle te le dit, c'est que c'est vrai ! Remetrais tu sa parole en doute ? Tu oserai ? Fieffé vandale d'âme ! Cette fille ne sait dire que la vérité. Parfois elle tremble un peu et tente de jouer. Alors, à cet instant Loreleï t'inventera des histoire. Pour paraitre plus grande. Sembler si impressionante qu'il soit possible de se cacher derrière. Mais moi, je vois et j'entends : ses cris, ses pleurs, ses larmes. Et je sais : ton propre coeur en contient autant. De cette crasse empoisonante, des autres et de soi... Ou de la vie, tout simplement. C'est quelle est faite ainsi cette garce. Tu as déjà eu ta part. Ne t'inquiète pas, il en viendra d'autres encore...


Et puis aussi des jours plus beaux, histoire de te faire croire que ça vaut le coup. Histoire que tu ne cherches à te dérober. Mais Loreleï est où ? Elle me manque. Je l'aime comme je t'aime. Je m'approche de son visage en pleurs, afin de la consoler. passe mes bras autour de ses épaules. Si belle Loreleï, si douce. Essuie tes joues. Tendrement, mes lèvres posent des baisers sur son visage pour effacer sa peine. Et puis, comment résister... Mon regard dans le sien. S'oublier mutuellement. Je l'embrasse à pleine bouche, profite et goûte... Même moi, je ne respecte pas son chagrin. qui le fera alors ?


Et la belle me laisse faire. Encore et encore. Nous pouvons, nous faisons.


- Ha tu es là, toi ! Combien de fois as-tu soigneusement évité de faire ce que tu aurais dû ? Es-tu capable de compter tes bonnes comme tes mauvaises actions ? Et les autres... Les as-tu vus ? Ils sont où maintenant ? Ils se contrefichent tous de Loreleï. Même ceux qui l'aiment. Même moi. Surtout moi. Et pourtant... Comme je tremble pour son être.


Tout se mélange. Je me souviens : "Pourquoi as-tu dis oui si tu voulais pas ?". Elle m'a raconté : la rue, le froid, la nuit et la peur. D'autres pensées et des adultes absents ou coupables. As-tu la moindre idée de ce qui se passe sous tes yeux sans que tu n'y voies jamais rien d'autre que les apparences ?


- Loreleï, tu n'es rien ! Je t'aime et je te briserai pour ça. Et puis, je te réparerai. Sauras-tu alors, combien tu me dois ? Ma belle, j'en ai pas fini avec toi. Il faut bien que quelqu'un paie. Il faut bien que je soulage quelque part ma noirceur et toutes ces choses qui débordent...


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Jeudi 22 mai 2008
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Cette nuit loreleï a pensé à toi, à lui ou même à elle, cette autre fille. Quoi qu'il en soit une âme hantait ses pensées. Et pour une fois c'était doux. As-tu imaginé une seconde, hier, quand tu as croisé son regard absent qu'en fait tu étais entré dans son esprit ? Elle ignorait ce qui pouvait bien se passer en toi l'instant où sa main a frolé la tienne, n'a pas remarqué que tu t'étais retourné sur son passage. Loreleï semblait si loin. Pourquoi avait-elle l'air si préoccupée ?

 

En tous les cas, ses rêveries se sont posées sur toi. Je le sais. J'ai même pu entendre son dialogue intérieur. Ses affirmation, questionnements, contradictions... Addictions ? Ses désirs et ses craintes... Ses renoncements. Ses obcessions. Cette fichue envie de faire encore des idioties. Et ce raz le bol. Ce même plus envie, même si elle a encore le désir de continuer. Juste pour voir. Mais ça n'en vaut tellement pas la peine...


Et puis, tu es là. Et puis. C'est tellement plus simple. Et elle se souvient, c'était il y a si longtemps. Et cette promesse qu'elle s'était faite, plus tard. Ne la tiendrait-elle pas ? peu importe. Tu étais un enfant et Loreleï une petite fille. C'est simple un amour de gosses. Les adultes peuvent s'aimer ainsi aussi, s'ils le désirent. Une seconde, tes yeux, nos mains, allongés sur l'herbe, les yeux au ciel et puis s'endormir tendrement enlacés. Tout oublier.


Et pourtant, elle pleure à l'intérieur. Tu ignores pourquoi. Le sait-elle seulement ? Tant de fils emmelés dans son histoire. je l'entends :


- Je t'aime. Je te déteste. J'ai oublié. Je me souviens. Viens. Rejoins moi. Vas t'en ! J'ai mal. Tellement quand tu es loin. Encore plus quand tu es là. Serre-Moi. Embrasse-moi. Oublie-moi. Souviens-toi. Pour moi... A ma place... Tout se déforme. C'était comment la vérité ? ça éxiste ça ? Ou c'est une illusion de plus ?


Un jour Loreleï s'est enfuie. Souvent elle a voulu mourrir. A t'elle tenté seulement une fois d'en finir ? Et toi, de quelle façon te suicides-tu ?


C'était la nuit, c'était l'hiver et il faisait froid. A t'elle connu ce soir là sa plus grande peur ? Ou les autres étaient-elles plus terribles encore ? Toutes les autres. Celles que personne ne voit. Celles qui sont socialement admises...


- J'ai envie que tu m'aimes, que tu m'accompagnes. Te donnerai-je en retour ce que tu mérites ou te ferai-je payer pour les autres ? Ceux pour qui j'ai tant et rien donné. Ou moins. Ou plus. Ou rien. A cette seconde, je suis loreleï... A moins que ce ne soit toi ?


Où est passé le voleur de temps ? Le voleur d'âmes ? Dans le ciel passait une histoire...


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Mercredi 21 mai 2008
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- Bonjour. Comment vas-tu ce matin ? As-tu vu Loreleï ? Est--ce que tu as fixé son regard quand ses yeux ont croisé les tiens ? Est-ce que tu as pensé à moi, en la voyant ? Mes paroles te sont-elles revenues en tête ?... Ai-je réussi à prendre une petite place dans ton esprit, déjà ? Et dans ton coeur, dis-moi ? Je ne t'ai pas dit, hier que je te parlerai de toi, aussi. Mais je vais essayer. Peut-être. Ou bien pas. T'ai-je déjà dit que je me réservais le droit de revenir sur mes paroles ? Ainsi que celui de changer d'avis, évidement. C'est essentiel, parfois. Ne crois-tu pas ? Toujours est-il que tu l'as surement croisée aujourd'hui. Alors, comment était-elle ? Belle, comme toujours ? Affreusement banale et la mine déterrée ? Qu'a t'elle donc bien pu faire cette nuit pour être dans cet état ?


Je l'imagine...


Nous sommes la veille au soir. Elle tourne en rond. Enervée. Sa journée s'est mal passé. Tout a été de travers. C'est comme ça, parfois. Elle est fatiguée, vidée. Elle a froid. Tellement. Nous sommes en hiver, son logement est chauffé. Frileuse, elle a mit un pull et même un gilet par dessus. Dans la salle de bain, elle a ouvert les robinets, l'eau coule au plus chaud possible. Il lui faudra compléter avec un peu de froid, juste pour pouvoir s'y immerger. Autrement, elle se brulerait. Déjà comme ça...


- Quelle température aimes-tu, pour te baigner ? Moi, je suis comme elle. J'adore quand l'eau est tellement chaude qu'il est à peine possible d'y pénétrer.


Le pièce est emplie de vapeur. Loreleï vérifie la température avec sa main. Tente d'y mettre, le pied, la jambe. Non, c'est vraiment trop brulant. Elle rajoute encore un peu de froid. C'est trop long d'attendre la température idéale. Dès que c'est supportable, elle s'y plonge complétement. Sa peau devient rouge. Elle cuit. Son coeur s'emballe. Si ça continue, l'imprudente va faire un malaise. Finalement, il lui faut sortir un peu de là (c'est intenable ! ) et rafraichir encore son bain. A t'elle testé ses limites ? Ou simplement, aimant ce qui est extrême, poussé doucement. Mais la réalité est toujours là. Même dans le quotidien. Les limites s'imposent d'elles-même. Certains les franchissent plus ou moins. C'est selon les constitutions de chacun...


- Qu'elle est la tienne ? Jusqu'où vas-tu ? Quel chemin n'empreinterais-tu pas ? Ou plutôt, si Loreleï te tendait la main, la prendrais-tu ? Serais-tu capable de la suivre, n'importe où qu'elle veuille t'emmener ?


Je la vois dans un éclat de rire, je l'entends te le demander :


- Allez viens ! Viens donc, on va s'amuser ! Je me contrefiche de ce qui peut arriver !


Et elle rit encore. Et tourne. Et danse. Loreleï est superbe dans son inconscience. Et elle t'aime. Elle t'offre un grain de bonheur. Tente de s'oublier un peu.


Je reviens dans cet escalier où tu l'as croisé ce matin. Elle est horrible. Mal coiffée. Les yeux rougis. Son regard ne voit que le vide, en fait. La jeune femme n'a même pas remarqué ta présence, ignore ton existence à cet instant. Mais tu as songé à mes paroles. Tu l'as faite exister le temps d'une pensée. Qu'à t'elle bien pu vivre pour être qui elle est ? Tu n'en sais toujours pas plus.


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Mardi 20 mai 2008
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Je rentre directement dans le vif du sujet. Je vous la présente. Elle, c'est Loreleï. La fille d'à côté. Une inconnue. Votre voisine ou soeur... Votre mère peut-être ? Bref. Un être vivant. Au moins en apparence. Vous êtes vous déjà demandé ce qui pouvait bien se passer dans sa tête parfois ? La raison de ses choix faits ou des décision jamais prises ? Avez-vous seulement songé que ce n'était pas le fruit du hasard ? Ou peut-être que si parfois... Puisque vous ne pouvez pas la connaitre entièrement... Et d'ailleur, elle non plus ne peut pas tout savoir de vous... A moins que vous ne vous racontiez volontairement, ne cachiez rien. Est-ce seulement possible, si l'on considère la somme de souvenirs oubliés depuis l'instant de votre naissance ?... Et tous ces autres, plus ou moins déformés, enjolivés ou rétrécis, salis, voire même lapidés par votre inconscient.


Je vous parlerai donc de Loreleï, qui est un peu de votre âme comme de la mienne. Pour plus de commodité, je vais vous dire qu'elle est une jeune femme... Mais ce pourrait aussi bien être un homme, hétéro, gay, vieux, jeune. En fait, juste un morceau de vie ; de tous ces bouts qu'on ne voit jamais. Des morceaux de photos ratés, découpés et jetés aux oubliettes ou carrément des images complètes que personne ne veut voir. Dérangeants, mais éxistants tout de même, pourtant.


Je vous parlerai d'elle. Et des autres peut-être. Ou plus simplement de ce qui viendra à ce moment là. Je vous dirai : "tu", probablement, puisque je vous aime déjà. Et pour plus d'intimité entre nous. Dis : "tu veux bien ? " . Il se peut même que je prenne la parole à sa place, afin de tenter de vous montrer ce que vos yeux n'avaient pas vu et ces sons ayant échappé à vos oreilles. De façon plus ou moins volontaire ? J'avancerai de façon hésitante vers vous, à la façon de Loreleï ou à la votre. Ferai-je beaucoup de chutes, d'erreurs, de ratures ? La suite nous le dira.


Sur ce : je te souhaite une bonne nuit ou une bonne journée. Je t'embrasse. Et te dis : " A très bientôt."


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Lundi 19 mai 2008
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Texte dans le cadre d'un exercice de la communauté écriture ludique, il s'agit de placer 30 titres d'indochine dans un texte.

(Sauf erreur de ma part, ils y sont tous)

Toutes les explications et les autres textes : par là.

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Aujourd'hui je pleure. Cette putain d'existence s'allonge, s'éternise et entretient le développement l'humanité. Les villes grandissent avec leurs beaux quartiers huppés et aussi, des endroits moins jolis, plus sales et nauséabonds. Des rues crasses, de l'eau croupie et des ordures trainant sur le sol. Adossé contre un mur, un couple improbable s'aime, sans se préoccuper des regards passants. Assis sur le sol, le clodo chéri sa compagne, bouteille d'alcool frelaté, la porte à sa bouche, amoureux du plaisir qu'elle lui donne mais sans aucun égard pour elle. Il harrangue ces jambes marchant devant lui, les invectivant de mots incompréhensibles. Et partout, des hommes, des femmes, des enfants. Des humanoïdes. Une intelligence supérieure, parait-il. Des gens dorment et mangent, s'habillent de suffisance, parlent pour ne rien dire. Surtout, toujours montrer qu'on est le meilleur. Voici ce qui est important. Une drôle d'espèce animale, à part, dont je fais parti intégrante. Possèdant une conscience mais capable de cultiver, idées, compulsions et instincts écoeurants. Je regarde autour de moi et à l'intérieur. Des relents d'urine et de merde flottent dans l'air, agressant mes papilles. Mes yeux se révulsent. J'ai la nausée.

Je viens d'apprendre...

****

Je me souviens. C'était avant.

Tout allait bien, le soleil ne souriait que pour moi. Rien n'était arrivé. Et rien de grave ne se passerait jamais. Tous les ans nous passions des vacances merveilleuses chez Leïla, à l'est de Java. Dans un endroit idyllique, sur les toits du monde. Dans ce lieu, sensations immenses et plénitude totale. L' impression d'être seule destinataire de la danse des étoiles dans le ciel. Reflets et lumières inventants une autre réalité. L'air carressait les visages radieux, exprimant tout le bien que les anges nous souhaitent. Bénédictions invisibles et offrandes des dieux aux plus petits. Fermez les yeux quelques instants, laissez-vous glisser et imaginez : c'est la nuit, vous entrez dans le rêve, embarquant dans la machine à rattraper le temps. Des bambins roses naissent à la vie, poussant leur premier cri. Les parents sont heureux et fiers : "Regardez donc comme il est beau mon petit ! ". La musique est partout, sa douce mélodie rafraichit les coeurs. Les enfants grandissent. Avant même de s'en être rendu compte, ce sont devenus des adultes... Responsables ?

Des séjours incroyables de magnificence. Trois nuits par semaine, c'est la folie : la chevauchée des champs de blés ; les épis chatouillants nos épidermes sensibles. D'autres fois, le train sauvage nous mène sur la colline des roses, où des fleurs par milliers s'offrent à nos regards émerveillés. Les parfums embaument comme nulle part ailleur. Jamais je n'ai trouve pareille sensation. Où que ce soit, à quelque seconde que j'ai traversé, mes pas n'ont jamais été aussi sûrs.

****

Et puis, je me rapelle... Les silences de Juliette, souvent. Et mon incompréhension désinvolte.

Anne et moi, nous nous rendions là-bas invariablement pour le 22 juin, date du solstice d'été, afin de profiter de la nuit des fées. Et le reste importait peu. Tants d'instants de bonheur étaient en jeu. Nous voulions remplir nos âmes, faire nos réserves et posséder de quoi affronter toute l'année, jusqu'à la suivante. Et tout ce monde, ces gens joyeux, les esprits apaisés. Autour, ça rit, chante et danse. Je me souviens, vision fugace, un petit homme et trois légers pas esquissés. Et celui-là mangeant avec ses doigts, simplement mais avec élégance. Flottement dans mes veines à ce rappel de la mémoire. Nous n'aurions raté cette fête exeptionnelle pour rien au monde... Croyons-nous...

Soudain l'été dernier, j'ai senti quelque chose. L'ambiance s'est modifiée. Mais j'ignorais.

J'ai passé à cette période les plus mauvaises nuits de toute ma vie, peuplées de cauchemars d'une puissance inégalée depuis lors. Les images décousues, sans aucun sens, parvenaient à me terroriser, faisant couler la sueur tout le long de mon corps. Je peux encore sentir les spasmes de la peur me secouer et ce goût âcre dans ma bouche asséchée. Les empreintes de ces songes me tenaillaient durant plusieurs heures. L'angoisse me nouant le ventre... Et là, je deviens un singe en hiver. Je suis le Petit Jésus... Je savoure le rouge de tes lèvres, la morsure des tes dents... Si blanches. Mes paupières se ferment, je traverse les portes du soir.

****

C'est arrivé un jour... J'ignorais...

Alice et June avaient fixé le rendez-vous dans la maison perdue, ancienne batisse digne des histoires de fantôme, abandonnée depuis si longtemps. Vitres brisées où le vent s'engouffre en sifflant lugubrement. Quelques tuiles manquantes sur le toit laissent passer la pluie et offrent un abri aux animaux nocturnes. Entre autres, chauve-souris et hiboux trouvent refuge dans ce grenier providentiel. Mais aucun souci n'arrive jamais dans ce petit paradis, les portes n'ont pas de serrures, chacun peut aller et venir, en toute confiance.

Justine, à l'heure dite a pris le drugstar, pour les rejoindre, comme prévu. Rugissements du moteur dans les oreilles. Elles devaient rencontrer le seigneur des toits. Personnage imposant, se faisant bien trop rare, à ce qu'on raconte. Et sa venue était très attendue. L'éxitation monte. L'air est particulièrement électrique pour cette occasion. Il s'agit d' une chance inouïe, un honneur particulier. Oui, très...

Et des ombres sur l'O dansent dans ma tête, trou noir, pensées absentes, rebelles, refusant de se mettre en ordre. J'aimerai savoir comment cela a pu être possible. je ne comprends pas. Cela dépasse l'entendement. J'ai demandé à la lune de bien vouloir effacer le passé. Je. Non. A en crever. Ce serait mieux. Et je pose la main sur vous... Je te vois d'ici, mon amour.

Comment ? Pourquoi ? Qui a eu cette idée ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Pas de mot pour décrire ça. Un jeu stupide ? Si seulement... Des cerveaux malades. Des êtres dépravés. Tout ce que je pourrais en dire est tellement en dessous.

Ils se sont crus dans Punishment Park...

Candy prend son fusil...


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Mercredi 14 mai 2008
publié dans : mes textes
 

Les yeux fermés sans rien faire d'autre... Surtout ne pas bouger. Goûter l'instant. Arrêter le temps. Et les pensées. Afin qu'elle ne viennent pas créer de parasites...

 

Mais l'âme est tétue et veut repartir dans le tunnel de lumière. Elle s'échappe une seconde, observe de l'extérieur et voit...

 

L'ange Léa est seule en réalité dans le monde matériel. Seule. Nulle présence à ses côtés. Le moine ne l'a pas rejointe. Ce n'est qu'un effet de sont imagination. La raison la quitte doucement, l'esprit n'a même pas réalisé que son âme l'avait quitté et l'observait... Se demandant l'intérêt à rester près de ce corps sans raison, perdu dans ses rêves.

 

Léa sait pourtant que tout ceci est réel, elle ne pourrait pas se sentir aussi bien autrement, accrochée à son bras, ils sont si loin de tout ça, tous les deux. Tout ceci n'est qu'un mauvais rêve. Leurs pieds nus dans le sable, ils longent le mur et se sentent en parfaite harmonie. Il fait bon et le soleil réchauffe leurs peaux. Seuls tous les deux, même au milieu des autres. Puis d'un commun accord, ils décident, après un arrêt et quelques baisers de rejoindre un endroit plus tranquile et se dirigent en riant vers les dunes. Par chance, ils semblent seuls, à ce moment, dans les environs. Adossés à la paroi, réchauffée par le soleil, d'un ancien mur dressé là on ne sait pourquoi,  il s'embrassent. Leurs lèvres s'emmèlent. Elle ferme les yeux pour mieux apprécier sa bouche effleurant son cou, lui rends ses baisers, ses caresses... Fonds sous ses mains...

 

D'un coup Léa rouvre les yeux, observe alentours et dit en riant :

 

  • Hé bien, je crois que nous allons attendre, ce n'est pas le bon endroit. On est pas seul. J'ai entendu des voix.

 

Alors le moine tend l'oreille et écoute, mais il ne remarque rien :

 

  • Voyons, c'est bon, y'a personne... Plus tranquille que ça et tu succombes dans la seconde !

 

Mais il est inutile de plaisanter, Léa est tendue maintenant. Mieux vaut remettre à plus tard. Le jour tombe de toutes façons : « Allons donc manger et après nous rentrerons, nous avons toute la nuit », il l'embrasse sur le front lui prends la main et l'entraine vers ailleur...

 

 

 

Là bas, plus loin, dans le calme des sous-bois. Un repas partagé, allongés sur les herbes. Parfums volatiles et insectes agaçants. Laisser le temps s'avancer un peu plus et entrer en lui. Il passe, solitaire éternel devant nos vies qu'il emporte dans son sillage. La nuit s'approche, descends sur nos sens. Et dans la profondeur du silence qui n'est qu'illusion. Deux âmes, deux corps s'oublient, se reconnaissent. Font reculer l'ignorance et la stupidité. Se moquent de ce qui devrait être. Les barrières, les lois terrestres n'existent plus. Seul compte l'instant de vie. Et sans le savoir, font oeuvre de célébration. Peu importent les règles abhérentes. Ils ont raison, dans leurs pensées et dans leurs gestes.

 

Ils font l'amour, se serrent, collent leurs peaux. Seuls dans l'immensité. Le reste du monde pourrait bien s'effondrer que cela leur serait égal. Elle se liquéfie sous ses mains, sa bouche. Et lui se sent géant...

 

Et une vague immense les surpends, s'abattant sur leurs ébats. Les éloigne l'un de l'autre et les emporte au loin. Léa se noie, cherche Malakof du regard. Il a disparu. L'eau entre dans ses poumons la brulant au passage . Elle tousse et crache. S'etouffe. Se débat. Une spirale s'ammorce, un tourbillon l''entraine vers les profondeurs. La peur se fait terreur. Sentiment familier. Impossible de hurler. Le son est vide. Ça tourne, prends de la vitesse, s'enfonce. Nul cri ne parvient à sortir de sa gorge muette.

 

Et d'un coup. Un choc. Elle tombe. Le sol est dur et glacé. Elle ouvre les yeux. Putain de cauchemar ! Saleté d'angoisse qui la prends. Etourduissement ?

 

Bon sang, Léa est trempée de sueur, gelée. Une peur panique s'empare d'elle. Perdue dans le noir intense. Il lui faut quelque temps pour réaliser qu'elle se trouve encore au fond de cette satanée cellule.

 

D'un coup, dans un éclair de lumière... Des yeux... Une gueule immense. Des dents incroyables... Et un effroyable claquement de machoires manque de lui arracher le bras. Elle se regarde, s'observe. Elle n'a rien... Hormis une douleur insoutenable.

 

Et là... Un horrible hurlement sort d'elle. Léa n'a pas choisi de crier, c'est son corps... La voix est sortie d'elle. C'est la peur, comme une entité propre qui s'est échappée. Un hurlement déchirant. Tel quelle n'imaginait pas pouvoir en pousser. D'ailleur, l'eut-elle voulu, qu'elle n'eut pas su hurler de la sorte...

 

Et cette voix est tellement puissante qu'elle fait trembler le monastère. Tous l'entendent, les moines, les furies. Ainsi que tous les habitants... Jusqu'aux arbres...


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Mardi 13 mai 2008
publié dans : le moine
 
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