Qui monte du fin fond des terrres brulées de l'enfer,
de la puissance du vent et des ténèbres !
De l'amour, aussi, parfois quand il se fait explosif, incisif...
Des lames de couteau ou de cutter...
Des larmes, de sang, d'acide, coulant sur les chairs...
Des âmes torturées, déchirées, lascérées...
Voici ce qu'est la passion ardente et dévorante comme la lave
qui éructe des fins fonds de Gaïa , notre mère, la terre ;
le brasier ardent originel...
D'où naissent les humains et toutes les armes terribles
qui surgissent de leurs esprits délabrés...
Mais ce matin, je n'ai trouvé sur le sol, devant ma porte,
que deux petits bout de sylex... A cogner l'un contre l'autre pour faire des étincelles...
Deux morceaux de cailloux froids et durs, pour faire une belle flambée ?
Comment faire vivre la passion dans le regard flou enfant perdu ?
La faire surgir d'un paisible coucher de soleil qui flamboie au loin dans le firmament ?
Ou bien la prendre dans le creux des mains de mon amant évanouï dans la pâle réalité ?
Transformer une paisible promenade au bord du canal en un instant d'une intensité magique ?
Ou profiter d'une gentille pluie persévérante, qui doucement, à petites gouttes finit par percer
vos vêtements et atteindre le cuir tanné votre peau qui s'ammolit à son contact ?
Est-ce donc là de la passion ?... Je ne connais pour son service que l'intensité des drames...
Mais... J'attends... Bien à l'abri sur la toile... J'observe, je guette... Bien attentive...
Que se pose la moindre mouche, le plus minuscule moucheron à dévorer...
Et là... Je surgis, je dévore ! J'avale ! je prends pour mon compte toute infime particule de nourriture qui se présente à moi. J'ingère, je digère... Je fais mienne toute connaissance qui m'approche... Afin de pouvoir ensuite en régurgiter la subtance... Pour à mon tour nourrir quelqu'esprit qui puisse en profiter...
Ainsi va la chaine de la vie...