Dehors, plus rien ne bouge.
Des reflets fixes, brillants sur les surfaces d'eaux sans mouvement, aveuglants miroirs aux alouettes, brulent les yeux des imprudents.
Silence radio sur les mers antiques, les vaisseaux fantômes ont rendu l'âme sans un râle et seuls quelques démons perçoivent encore leur existence à la surface du réel.
Les ondes se sont tues. Les vampires se meurrent et le sang coule, bleu. Encéphalogramme plat. Vide affolant. Assourdissant.
Soleil de midi figé tout là haut.
Le temps, rocher immuable, s'est arrêté, boudeur... Les choses, pliant à ses volontés, ont fait de même, se couchant à ses pieds, fermant les yeux, glissant doucement dans le courrant et le
laissant passer à son rythme.
Sans aucun souffle d'air pour secouer les feuilles, sans vibration, nulle musique ne se dégage des arbres ; Les oreilles sont inutiles alors. Les oiseaux, eux, de leur côté se taisent, restent
immobiles sur leur branche, invisibles aux regards distraits. Pourquoi posséder la vue et négliger d'en user ?
Croyez-vous que la nature possède une âme ?
Si oui ou même si non, qui d'autre que le fou saurait déchiffrer dans les astres tous ces signes que les dieux refusent d'envoyer aux humains ?
Et les petites filles imaginatives, habillées de robes à fleurs, jouent.
Elles inventent des charades, devinettes et rébus. Font des marelles. Chansons, danses et rires sont autant de prières s'envolants dans les cieux.
Serait-il vraiment possible qu'il soit vain de s'amuser ?
Pourtant aucun cadeau à la vie n'est plus beau. C'est la plus grande richesse qui se puisse offrir.
Que les divinités, se penchent, ramassent et récoltent les offrandes qui leurs sont faites.
Et qu'en retour elles donnent signe de leur présence.
Les sourires ne se volent pas, ils se partagent et s'ensemencent.