...

 

Les yeux fermés sans rien faire d'autre... Surtout ne pas bouger. Goûter l'instant. Arrêter le temps. Et les pensées. Afin qu'elle ne viennent pas créer de parasites...

 

Mais l'âme est tétue et veut repartir dans le tunnel de lumière. Elle s'échappe une seconde, observe de l'extérieur et voit...

 

L'ange Léa est seule en réalité dans le monde matériel. Seule. Nulle présence à ses côtés. Le moine ne l'a pas rejointe. Ce n'est qu'un effet de sont imagination. La raison la quitte doucement, l'esprit n'a même pas réalisé que son âme l'avait quitté et l'observait... Se demandant l'intérêt à rester près de ce corps sans raison, perdu dans ses rêves.

 

Léa sait pourtant que tout ceci est réel, elle ne pourrait pas se sentir aussi bien autrement, accrochée à son bras, ils sont si loin de tout ça, tous les deux. Tout ceci n'est qu'un mauvais rêve. Leurs pieds nus dans le sable, ils longent le mur et se sentent en parfaite harmonie. Il fait bon et le soleil réchauffe leurs peaux. Seuls tous les deux, même au milieu des autres. Puis d'un commun accord, ils décident, après un arrêt et quelques baisers de rejoindre un endroit plus tranquile et se dirigent en riant vers les dunes. Par chance, ils semblent seuls, à ce moment, dans les environs. Adossés à la paroi, réchauffée par le soleil, d'un ancien mur dressé là on ne sait pourquoi,  il s'embrassent. Leurs lèvres s'emmèlent. Elle ferme les yeux pour mieux apprécier sa bouche effleurant son cou, lui rends ses baisers, ses caresses... Fonds sous ses mains...

 

D'un coup Léa rouvre les yeux, observe alentours et dit en riant :

 

  • Hé bien, je crois que nous allons attendre, ce n'est pas le bon endroit. On est pas seul. J'ai entendu des voix.

 

Alors le moine tend l'oreille et écoute, mais il ne remarque rien :

 

  • Voyons, c'est bon, y'a personne... Plus tranquille que ça et tu succombes dans la seconde !

 

Mais il est inutile de plaisanter, Léa est tendue maintenant. Mieux vaut remettre à plus tard. Le jour tombe de toutes façons : « Allons donc manger et après nous rentrerons, nous avons toute la nuit », il l'embrasse sur le front lui prends la main et l'entraine vers ailleur...

 

 

 

Là bas, plus loin, dans le calme des sous-bois. Un repas partagé, allongés sur les herbes. Parfums volatiles et insectes agaçants. Laisser le temps s'avancer un peu plus et entrer en lui. Il passe, solitaire éternel devant nos vies qu'il emporte dans son sillage. La nuit s'approche, descends sur nos sens. Et dans la profondeur du silence qui n'est qu'illusion. Deux âmes, deux corps s'oublient, se reconnaissent. Font reculer l'ignorance et la stupidité. Se moquent de ce qui devrait être. Les barrières, les lois terrestres n'existent plus. Seul compte l'instant de vie. Et sans le savoir, font oeuvre de célébration. Peu importent les règles abhérentes. Ils ont raison, dans leurs pensées et dans leurs gestes.

 

Ils font l'amour, se serrent, collent leurs peaux. Seuls dans l'immensité. Le reste du monde pourrait bien s'effondrer que cela leur serait égal. Elle se liquéfie sous ses mains, sa bouche. Et lui se sent géant...

 

Et une vague immense les surpends, s'abattant sur leurs ébats. Les éloigne l'un de l'autre et les emporte au loin. Léa se noie, cherche Malakof du regard. Il a disparu. L'eau entre dans ses poumons la brulant au passage . Elle tousse et crache. S'etouffe. Se débat. Une spirale s'ammorce, un tourbillon l''entraine vers les profondeurs. La peur se fait terreur. Sentiment familier. Impossible de hurler. Le son est vide. Ça tourne, prends de la vitesse, s'enfonce. Nul cri ne parvient à sortir de sa gorge muette.

 

Et d'un coup. Un choc. Elle tombe. Le sol est dur et glacé. Elle ouvre les yeux. Putain de cauchemar ! Saleté d'angoisse qui la prends. Etourduissement ?

 

Bon sang, Léa est trempée de sueur, gelée. Une peur panique s'empare d'elle. Perdue dans le noir intense. Il lui faut quelque temps pour réaliser qu'elle se trouve encore au fond de cette satanée cellule.

 

D'un coup, dans un éclair de lumière... Des yeux... Une gueule immense. Des dents incroyables... Et un effroyable claquement de machoires manque de lui arracher le bras. Elle se regarde, s'observe. Elle n'a rien... Hormis une douleur insoutenable.

 

Et là... Un horrible hurlement sort d'elle. Léa n'a pas choisi de crier, c'est son corps... La voix est sortie d'elle. C'est la peur, comme une entité propre qui s'est échappée. Un hurlement déchirant. Tel quelle n'imaginait pas pouvoir en pousser. D'ailleur, l'eut-elle voulu, qu'elle n'eut pas su hurler de la sorte...

 

Et cette voix est tellement puissante qu'elle fait trembler le monastère. Tous l'entendent, les moines, les furies. Ainsi que tous les habitants... Jusqu'aux arbres...


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Mardi 13 mai 2008
publié dans : le moine

11

 

De retour à cet isolement. Les pensées s'affolent d'autant plus que tout à côté se trouve une ouverture, pour l'âme... Avec pour contrainte d'abandonner le corps. Pour ce qu'il en reste. Un corps vit aussi... Et meurs... Mais Léa est un ange... Elle ne pourra connaître cette délivrance. Que lui arrivera t'il si elle abandonne cette enveloppe et s'envole vers d'autres mondes ? Se pourrait-il que le résultat soit encore plus désastreux ?... Existe t'il situation plus désastreuse que cette lente agonie ? Du plomb dans les ailes, dans la tête, dans la chair. Affaissée et effondrée. L'esprit glisse lentement.

C'est à ce moment que la porte s'ouvre, un rayon de lumière pénètre dans la pièce. Le moine entre, seul. Il est facile de deviner rien qu'à sa présence qu'il s'agit « du bon ». Il referme derrière lui. Que vient-il faire ici, à présent ? Léa aimerait rassembler ses pensées mais ces dernières la fuient. Quelle attitude adopter, quels mots dire ou ne pas prononcer ? Souhaite t'elle qu'il reste ou qu'il s'en aille ?... A cette dernière question, elle a une réponse... Evidement, dans une telle situation, tout ce qui peut rompre l'isolement, ne serait-ce qu'un instant... Et même si cela avait été l'autre... Et même... Quelque présence que ce soit... Quelque vie, lumière, bruit... N'importe quoi plutôt que cette mort qui ne dit pas son nom... Plutôt que... Cette chose qui est pire encore.

 

Habituée à ce noir intense, elle le voit sans le voir, le devine, sait exactement où il se trouve... Pourrait presque entendre ses pensées... Mais il se protège et rien ne filtre. Léa s'approche de lui, sans un bruit, le rejoint. Elle pose ses mains sur les siennes. Se colle contre son corps...Le moine trésaille, il ne l'a pas senti arriver. Elle pourrait dans un bond, lui sauter à la gorge et la lui arracher, se délecter de son sang tiède... Et même le garder vivant pour l'avoir plus longtemps à ses côtés. Lui perçoit les réflexions intimes de l'ange qui se dit qu' il est probable que l'autre ignore qu'il se trouve ici, se demande s'il songerait-il à venir l'y chercher... Et même, si cet autre lui-même s'inquièterait-il seulement de son sort ?... Qui est-il exactement ?... Mais ce n'est pas le moment pour de telles pensées et elles s'éteignent d'elle-même.

 

La douce ne tentera rien maintenant. Elle est soulagée, un peu. Se régénère, de même. Entraine le moine vers un des murs de la pièce, dans un coin. Tous deux, ils se laissent glisser sur le sol, assis. Juste comme ça, sans rien faire d'autre. A cet instant, deux anges dans les bras l'un de l'autre goutent un instant de paix. Dans le silence de la nuit. Toujours.


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Jeudi 3 avril 2008
publié dans : le moine
 

A force de silence et de solitude... Des sommeil sans rêve et de songes éveillés... Un glissement dans l'air se fait... Un trouble perceptible physiquement. Une sensation nouvelle... Etrange... Impensable... Effrayante un peu... Autant qu'attirante... Une ouverture dans l'espace... Un couloir pour l'esprit ? Enfin, trois fois rien... mais si peu que cela soit... Au coeur de moins que rien... C'est déjà quelque chose. Une ouverture dans tout ce noir.

 

Léa réalise qu'elle a trouvé un accès vers « autre chose ». Son corps reste enfermé. Mais son esprit peut sortir. Au moins un peu. Elle voit. De la lumière. Des âmes. Des rires. Qu'arrivera t'il si elle s'avance ?... Elle n'ose s'éloigner de son enveloppe charnelle. Sinon... Comment se sortir de là, ensuite ?... Mais cela fait déjà si longtemps qu'elle est coincée là. Mais ce n'est peut-être qu'une impression. Après tout. Comment savoir ? Le fait est que la perception du temps est toute relative.

Et Léa a l'intense sensation d'être là depuis des lustres... Et si en réalité elle n'y était que depuis peu ?... Ce serait encore pire... Cela voudrait dire que le temps va s'étirer pour elle au delà de l'insupportable. Alors, dans ce cas, pourquoi ne pas abandonner sa chair inutile ici ? Abréger ses souffrances. Un corps vide. Qui sait ?

 

Prudement, elle s'engage dans cette nouvelle voie. Sans trop s'éloigner. C'est agréable par là. Il fait doux et chaud. Et puis, se sentir flotter en apesanteur... ça change. Cela faisait si longtemps. Léa observe autour d'elle avec un regard d'enfant émerveillé. Sautille, s'envole. Mais ce territoire paraît gigantesque. En quelques pas, la voici déjà bien loin, sans effort... Elle choisit de réintègrer son corps pour ne pas se perdre.


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Jeudi 3 avril 2008
publié dans : le moine

9 -

 

Enfermée loin de tout... Léa n'a su s'échapper... Dans cette pièce sinistre, le noir et le silence se font insoutenables. Une chappe... La sensation d'être enterrée vivante... Seule. Sans aucun contact extérieur. Rien pas même le son de la vie ne parvient jusqu'ici. Et nulle visite. Pas même pour lui porter un repas... ça ne mange pas un ange... Mais ça agonise... Et les nourritures de l'âme lui sont indispensables. Les heures, les minutes, les secondes... Qu'est-ce donc que le temps sans repère ?... Une torture sans fin ?


Même accoutumés au noir ses yeux ne percent rien et s'arrêtent au vide environant. C'est terrible cette situation où ses pensées l'assaillent par vagues et puis s'enfuient laissant un immense vide dans sa tête... Et là, c'est au tour de l'angoisse de se montrer, lancinante, monstrueuse, menaçante... Toujours accompagnée de son amie la folie dont on ne sait jamais si elle ne fera que passer et vous effleurer ou bien vous emportera et fera sombrer pour l'éternité... Horrifiante perspective.


Etre seule avec elle-même, Léa a l'habitude, mais là... Tout ce temps à penser... Ces souvenirs d'une existence qui remonte, suivis de ces « trous »... Des blancs dans la conscience... Quand tout est là, juste derrière la surface de l'esprit mais qu'on ne parvient ni à voir, ni à toucher... Encore moins à comprendre... Toutes ces pièces de puzzle éparpillées... Voire manquantes... Et ces clefs, ce labyrinthe... Des flots et des flots encore plus grands, des marées... De l'amertume, des peurs, doutes...


Le pire reste de ne rien comprendre...


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Mercredi 2 avril 2008
publié dans : le moine

8 -

 

Tout se bouscule. Le fauve bondissant qui est encore à la surface de sa personne. Et cette peur, paralysante. Et ce silence, assourdissant. Et... Ne pas savoir. Ne pas comprendre. Si seulement elle pouvait lire dans leurs pensées. Alors, elle saurait. La bonne attitude à adopter. Mais là... Rien... Ils ou il en deux entités ? Et quoi ? Sont-ils un seul ou deux ? Un méchant et un gentil ? Ça paraît tellement binaire... Un mélange de chaque ? Ou bien, ce sont les deux faces d'un même être... Oui mais... Nombres de questions dans une fraction de seconde.il faut agir tenter quelque chose... Avant que... Mais rien... C'est à Léa d'avancer, avant de ne plus pouvoir rien y faire. Avant qu'il soit trop tard. Que la porte se referme et qu'elle se retrouve coincée là sans savoir ni le temps, ni si elle pourra en sortir.


Une décision, un geste... Bondir toutes griffes dehors et s'enfuir... Mais face au phénomène, elle n'est plus qu'une pâle image tremblante et inconsistante... En profiter pour passer... Insaisissable. Mais même sa volonté l'a quitté. En fait, Léa est totalement désarmée. Seulement, elle doit absolument passer. Et elle ignore qui se trouve réellement en face d'elle. Peu importe. Son pouvoir et son contrôle sur elle reste total.


Elle s'approche face à la colère muette. Un immense gouffre et rien pour s'accrocher. Comment faire. Que dire ?... Simplement avancer droit devant et passer la porte d'un pas assuré. Après tout, rien n'a été dit. Ce n'est peut-être pas si grave. Le moine sait bien qu'au final, elle n'aurait rien fait. Léa n'aurait rien pu faire de définitif contre lui. Il le sait. Il ne peut pas lui en vouloir... Enfin, à voir son regard et ce putain de silence glacial... C'est pas sur... Mais bon sang.Il se passe quoi dans ses têtes, à ce moment. Bon. Il faut avancer. Passer. Une fois de l'autre côté déjà, ce sera déjà moins grave.


Un pas, deux, trois. Ne pas se liquéfier. Garder un semblant de contrôle de soi. La tête lui tourne. Elle vascille. N'en laisser rien paraître. Ils ne bouge pas. Putain de regard. Putain de silence. Ne pas se laisser impressionner. Continuer. Ils bloque le passage. Alors... Faire comme si de rien n'était et « rentrer dedans » ou demander qu'ils se pousse ? Tenter la première option... Il sera toujours possible de se rabattre sur l'autre ensuite... Tandis que dans l'autre sens c'est plus compliqué. Léa rassemble son courage et s'avance, poussant les deux « battants de porte »... Et se cogne contre un mur... C'est bien ça, un mur. Ça ne parle pas un mur. Mais ça a des yeux et des oreilles. On peut le contourner, l'escalader ou le percer... Mais là... Il est fait de quoi ?... Ce mur...

 


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Dimanche 30 mars 2008
publié dans : le moine
 

Seule. Retour à la case départ. Non. Pire. Bien pire. Ses ailes brisées semblent peser aussi lourd que le plomb... Et ses forces l'ont abandonné...

« Où est donc passé ce terrible fauve rugissant qui sortait d'elle à peine un instant plus tôt, menaçant de mettre en pièce quiconque se trouverait sur son chemin ? »...

Paralysée par la peur... Voire... Par la terreur...Dans cette minuscule pièce... Sans échapatoire. Froide.Sordide... Même ses pensées se sont enfouies. Juste quelques bribes parviennent difficilement à sa conscience... Des « Qu'ai je donc fait ? Qu'est-ce qu'il m'a pris ? »... Sans s'appercevoir que la situation est bien plus complexe que cela...

Mais qui donc tire les ficelles ?... Au juste... Est-ce la grande prêtresse qui l'a manipulé pour tenter un coup d'éclat ?... Ou bien... Tout de même... C'est troublant...

Il sort d'où ce moine revenu ?... Il semble qu'il arrive bien à point... Alors que l'histoire allait enfin se terminer, que les harpies allaient reprendre le contrôle total d'elles-même et du territoire... Juste, mais alors vraiment juste, à l'instant parfait. En fait... C'est cette imminence de la fin qui lui a donné l'énergie pour revenir d'entre les morts...

Le moine savait-il ça ?... Que si la fin approchait, il pourrait récupérer cette part de lui-même, ensevelie si loin qu'il ne pouvait la voir ?... Si oui, alors... Ce qui semblait une suite d'erreur, serait en fait une habile manoeuvre... ça expliquerait bien des choses...

En attendant, à présent, Léa se trouve là, minuscule face au moine qu'elle menaçait un instant plus tôt et face à son autre lui-même... Une part d'ombre, froide, glaciale et terrifiante... Dont le seul regard suffit à la liquéfier...

Il va être difficile de trouver une explication au comportement qu'elle vient d'avoir... De justifier l'agression ou de se trouver des excuses... Son ventre se retourne... Bon sang... Léa frissonne. Elle est gelée. Une sueur froide coule le long de son échine... Il faut sortir d'ici, sinon, c'en est fini d'elle... Le territoire risque de ne plus entendre résonner son chant avant longtemps...

Mais bien sur... Elle a reculé et s'est éloignée de la porte, quand il est arrivé, cet... Autre... Comment s'enfuir ? Et le moine l'a rejoint. Il a vite récupéré, lui. Et il a pas l'air content. Pas du tout. Tous deux lui barrent le passage... Sans un mot. Bon sang. Ils peuvent pas dire quelque chose ? Un mot auquel Léa puisse répondre... Non, rien. Ils ne lacheront rien. Ils savent que les anges détestent le vide... Alors, bien sur...

Et puis... « Ils ? »... Ils sont un... Ho... Pauvre tête d'ange... Comment gérer ça ? Comment comprendre ?... Même juste un petit peu... Pour ne pas céder définitivement le pas à la folie. La vraie. Celle qui s'empare de votre esprit pour ne plus lui laisser le moindre instant de répit...


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Vendredi 28 mars 2008
publié dans : le moine
 

Cependant Indéfini, grande prêtresse des images se tournait vers l'immense territoire que représentait sa forêt. Elle a choisi d'abandonner Léa à son sort, fuyant devant la puissance des moines... Et elle possédait encore suffisement d'identités pour pouvoir se permettre d'en perdre une. Ainsi Léa devrait faire face seule... Mais étant une partie du tout Indéfini, elle possède des ressources insoupçonnées, car liée inextricablement par delà toute imagination au grand potentiel... Et qui sait, même, si ce n'est pas elle, le coeur d'Indéfini ?... Le centre de son pouvoir ?... L'ange reste perdue dans un recoin sombre du monastère, à l'intérieur.


Tandis qu'au dehors les furies se déploient, certaines en sentinelles qui n'auront de cesse de harceler le moine, Indéfini, elle, regarde vers l'extérieur ; observe le domaine dans toute son étendue et les multiples habitants de natures variées qui le peuplent. La forêt couvre un territoire immense. Elle est l'habitat de nombre des créatures. Des plus puissantes et étranges, jusqu'au plus simple organisme vivant... Mais chacun a son rôle à jouer. Et il n'est pas dit que seules les choses visibles soient... Cet endroit est magique et peut à tout instant révéler son lot de surprises heureuses, mais bien souvent, catastrophiques... Encore que ce dernier point ne dépende jamais que de l'endroit où l'on se trouve... Ce qui est perdu pour l'un étant bien souvent la chance de l'autre... Ici plus qu'ailleur encore. Et il ne faut pas se fier à ce qui paraît. Jamais. D'autant que chaque situation est toujours susceptible de se retourner. Alors, si en plus on n'en possède pas toutes les données... Ici encore, l'infiniment grand cotoie l'infiniment petit... Et le rapport de force n'est pas forcèment question de taille. Les données son multiples et variées. Les pouvoirs innombrables et changeants. La vérité du jour, pas forcèment celle du lendemain.


Ce monde pourait être un long sommeil ennuyeux... Mais sa vie grouillante en fait un lieu à part, où toutes choses sont éxacerbées... Les amours sont vertigineux. Les amitiés puissantes. Les haines insondables. Les dangers innombrables. Le simple fait d'approcher ce territoire vous emporte dans un tourbillons d'émotions, de vie, de mort... Le repos, si vous le trouvez... N'est fait que pour vous soulager de votre épuisement lorsque vous avez parcourru quelque temps ses contrées...

Ici les arbres sont des temples vivants et ils ont leur volonté propre. Ils peuvent vous protéger et vous nourrir, ou d'un coup, se retourner et devenir votre prison. Le temps s'écoule selon des normes qui lui sont propres. Les phénomènes étranges et variés se succèdent. La raison n'existe pas... Sauf pour prouver qu'ici tout est possible... Même la logique, parfois... quand elle le veut.

Les oiseaux volent et courrent, certains sont de mignonnes petites bêtes qui chantent et d'autres ont des crocs et poussent des rugissement à vous faire frèmir pour vous dire qu'ils vous aiment... Mais j'ignore si ce ne sont pas parfois les mêmes, sous diverses apparences. Et pourtant... Malgré cet ordre qui n'est que désordre... Certaines choses suivent leur cours.. inéxorablement...

La non-règle est la norme.

Et certains ne changent jamais et restent fidèles à eux-même au cours de toute leur existence... Rien que pour me faire mentir... Ou échouer à simplement tenter de vous montrer l'étendue des possibles de cet endroit finalement ordinaire, pour tout ceux qui savent déjà regarder le monde avec les yeux de l'âme.

Je peux juste vous faire entrapercevoir, en passant par vos rêves, pour court-circuiter votre raison... Fermez les yeux. Tentez d'imaginer. Même les parfums vous sont inconnus. Nouveaux ou mélangés à tellement d'autres essences puissantes. A d'autres instants... Plus rien. Comme si vous étiez amputé de votre odorat. Les sons, pareil. La vue... le toucher...

J'abandonne cette tache impossible... Vous faire entrappercevoir le dixième du contenu de cette bulle d'éxistence et de magie. Contentez vous de garder les yeux bien ouvert et d'observer... Vous parviendrez peut-être à absorber quelque particules flottantes... Si déjà, votre esprit peut en saisir quelqu'une... Alors, il sera grandit comme vous n'imaginez pas... Puisqu'ici, l'infiniment petit, comme l'infiniment grand ne font qu'un.


Entrez donc. L'univers se dévoilera au fur et à mesure de votre présence, si vous savez le respecter et être attentif.

 


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Mercredi 26 mars 2008
publié dans : le moine

Ayant obtenu la victoire par la surprise ou par la ruse... L'ange, un instant félin sauvage, savoure le goût de la puissance et du sang... Parfum qui restera à jamais ancré dans les tréfonds de son inconscient... Sens qui pourra toujours se réveiller sans prévenir... Imprévisible... D'ailleur...

Ce n'est sans doute pas pour rien que cela se révèle à ce moment, avec cette ampleur. Non, cela signifie... Cela démontre... Ce qui se trouve de toute éternité... Dans les replis même des inconscients les plus purs... C'est juste... Un potentiel... Naturel... Chez tous les êtres... Qui se développe... Ou non... Selon le contexte... Et là... Il faut dire...

Qu' après tout... « ça... »... Tant d'émotions...De temps... De défis... De jeux... De conflits... D'amour... De possession... D'appartenance... De rejet... De désir et de folie...

Et puis... l'occasion... Idéale...

Et une erreur...

Fatale...

C'est surprenant, tout de même... Une telle accumulation de fautes...

Le moine n'ignore pas d'où vient cet ange... Quel est son parcours... Et qu'elle peut-être démoniaque... Alors... La laisser ainsi s'approcher... Ne rien lui donner qui calme son appétit... Et lui tourner ainsi le dos sans précaution...

Le pauvre n'a plus toute sa tête... D'avoir vu ses compagnons disparaitre et ensuite chassé tous ces esprits qui étaient sous sa coupe...

Pure vanité que de vouloir rester seul quand l'âme est si grande et que les hôtes se pressent pour y séjourner.  

Et donc Léa, à cet instant tient sa revanche. Fini le petit ange blessé. Elle va retrouver sa splendeur, sa force... Et ses ailes d'envergure magnifique vont à nouveau pouvoir se déployer librement dans les cieux.... Bien au-delà...  

Ici est un endroit parfait... Pour qu'il n'en ressorte pas... Léa... La seule sont il ne fallait rien craindre... L'unique qui aurait tout donné... Se charge du dernier... L'histoire va se modifier... Par son geste... Se terminer... Définitivement...

L'ange... Le démon... Savoure... Infiniment... Cette sensation nouvelle... Ou oubliée... Depuis si longtemps qu'on eu cru qu'elle n'avait jamais existé dans cette créature... Et pourtant... Son regard... Différent... Glacé... Hautain...

Ce n'est pas normal... Pas chez Léa... Se pourrait-il que ?...

Mais après tout le moine n'est que l'ombre de lui même... A l'article de la mort... Dont la voix se fait entendre dans la conscience :

- Voyons Léa... Qu'attends-tu donc ?... C'est terminé... Tu vois bien... Un coup de crocs... Et tu l'égorges... Alors tu seras libre de t'envoler à nouveau... C'est facile... Rapide... Tu as suffisemment jouis de la situation... Achève-le !

 Un regard à son corps étendu sur le sol... Elle s'approche, le respire... Et le sent...

... Qui reprends ses esprits... Une seconde de recul... Son apparence féline tressaille en hologramme...

Là...

Il ouvre des yeux remplis de vitalité et plonge son regard dans le sien... Léa sursaute et trébuche...

 Et puis, ils ne sont plus seuls... L'ange devine une présence derrière elle...   

... Non... C'est impossible !...

Dans l'encablure de la porte... Se tient... Un moine !...    

Non, non, non !... Ils ont tous disparus !...

Qu'est ce qu'il fait là, lui ? C'est une illusion... Un tour...

En plus... C'est le même !... Un double !... Ha non !... Non, non et non !... 

D'un coup, un froid insoutenable empli la petite pièce... Juste un très court instant... Un vide intense... Léa transie jusqu'au aux os... A se briser... Elle ressent... Les esprits l'abandonner... Fuir devant l'imprévu... Et se retrouve seule...Piégée...  

Dans ce lieu qui était l'endroit idéal pour une conspiration...

 


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Jeudi 20 mars 2008
publié dans : le moine

Le moine,  ,  2  ,   3  ,  ,

  

(Ce passage ne suit pas réellement le précédent... Mais bon... voilà... Clin d'oeil à mes fidèles lecteurs)  

Léa...A ce moment se dédouble... C'était prévisible... les signes avant-courreurs étaient là... Pour un oeil attentif... Mais le moine, trop sur de son pouvoir, n'a rien vu arriver... Pourtant... Cet éclat dans les yeux... Ce sourire différent, plus carnassier... Il ne faut jamais oublier que Léa est une part d' Indéfini, grande prêtresse des harpies et de la folie.  

Et en temps que telle... Imprévisible... Les dompteurs savent qu'il ne faut jamais tourner le dos à un fauve prétendument dressé... Juste un instant d'inattention... Les pensées de Léa s'emballent... Qui est-elle ?... Tout se mélange... Mais son instinct de prédateur reste présent sous sa surface d'animal docile... Et l'éclat de la folie qui brille en elle révèle des forces insoupçonnées chez une créature aussi frêle et fragile.   

En fait... Ceci ressemble à un plan... Fomenté dans les tréfonds de son inconscient... Mais bien réglé... Prémédité, de longue date... Alors, la prétresse l'a t'elle laissé s'éloigner en gardant une prise invisible sur son esprit ?... Est-elle derrière ça ?... Ou bien... L'ange déchu serait-il fourbe, au fond ?... Quand au moine, qui ne l'a libéré que suffisement pour qu'elle ne pas qu'elle s'envole... Que sait-il, au juste ?... Peut-être pas grand chose... Ou bien, alors...  

Mais... Cette nuit là... Alors que Léa avait suivi le moine dans cette salle isolée du monastère... Isolée ?... Au milieu de rien et de personne... Dans ces lieux de toutes façons déserts... Aux yeux des communs... Oui... Mais le vide... Est fait d'inimaginable... De rêves et de cauchemards... Sont-ils pour autant moins réel que la vie physique ?... Lorsque l'on passe sur leur plan d'éxistence...  

Donc Léa avait accompagné le moine en cet endroit reculé de la bâtisse... Une pièce petite et encore plus sombre si c'est possible... Humide... Froide... A croire que la mort flottait sur votre peau... Juste une ouverture pour entrer... Et rien... Juste un silence... Physique... Pesant... Qu'étaient-ils donc venus faire par ici ?...  

Mais c'est l'endroit et le moment parfait... Où l'ange se métaporphose en bête sauvage... Quand il lui tourne le dos... Se jette dessus... Toutes griffes dehors, lascère sa peau et dans un rugissement à faire trembler les astres, plante ses crocs dans sa chair pour en goûter le sang... L'homme s'écroule sur le sol... Tandis que le félin savoure sa victoire... Les pattes avant posées de tout leur poids sur son flanc... Il pourrait le dévorer, là, sur l'instant... Et c'en serait fini... Sauvage pour l'éternité... Mais ce serait trop simple... Trop rapide pour être gouteux... Il ne se trouve là aucun concurrent pour lui disputer la proie... Rien ne presse...

...


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Mardi 18 mars 2008
publié dans : le moine

Bon, ce sont des instantanés, encore.. A retravailler plus tard, pour faire un ensemble qui se tienne... Mais si j'attends que le boulot soit fini correctement... Je risque de ne plus rien publier avant un moment... Alors, voilà... comme ça vient... D'ailleur, j'y retourne... Pour faire un autre passage.

(partie 1)

(partie 2)


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Mais une nuit Léa arrive et l'ancienne porte abimée, si fragile qu'il suffisait de la secouer un peu pour qu'elle céde a été remplacée par une neuve, faite de bois massif et renforcée de fer... Inviolable... Décontenancée, l'ange regarde, observe sans y croire. Pose ses mains plaque son corps... Pousse... Mais rien... C'est vérouillé... Véritablement. Un obstacle d'une belle épaisseur... Qui peut l'empêcher de passer physiquement, mais n'arrête pas ses autres sens aiguisés... Elle peut voir par la pensée, entendre, sentir bien au-delà... Léa se laisse glisser le long de l'obstacle, s'affaisse sur le sol... L'oreille collée à la paroi, les mains, les avant-bras encadrants son visage, comme une supplique qui lui serait destinée et qu'il pourrait voir...

Eveillée, attentive... Elle écoute... Capte... Elle perçoit, sa respiration, là, derrière... Elle pleure, supplie, utilise le chant des sirène... Rien n'y fait... Le moine garde le silence et ses distances...

Les pensées de Léa se bousculent dans sa tête... Qu'a 'elle bien pu faire ?... Ou pas... La dernière fois... Pourquoi ce revirement soudain ?... Cette intransigeance glaciale ?... Et comment ?...

Le moine est là, juste derrière, elle le sait, elle le sent... Comment abandonner alors ? Cédera t'il ? Et si n'est cette fois ... Demain... Peut-être... Mais à cet instant... Rien...

Il s'est emmuré vivant et elle se meurt... Pourtant sa présence transperce les murs... Son essence est près d'elle, sur elle... Mais à ce moment... Elle voudrait tant et plus... Le perdre, s'égarer, ou le gagner...

Mais qu'arrivera t'il lorsqu'il lui cédera... D'où vient, où sera le danger ? Qui perdra quoi ?... Quels sont donc les plans des démons qui instrumentalisent qui ?... Et à quelles fins ?...

Léa n'a cure de tout cela... Seul le présent l'interresse, ce qui est sous ses yeux... Ou plutôt à un mur d'elle... Et son amour pourrait abattre n'importe quoi... Et sa folie qui la déborde... Et... Son désir... Et éveiller le sien, encore, afin de se fondre pour l'éternité... Même si les couloirs et les ruines devaient se refermer sur eux... Léa est prête, elle connait la pénombre... Le noir... Tout ange qu'elle soit, elle ne le craint pas... Ce qui lui ferait peur, ce serait de perdre ses vibrations... Cette chose en elle, qui s'agite... Qui la grignotte et la fait se sentir vivante à la fois...

Il est difficile de dire, ici, tout ce que Léa serait capable de faire... Jusqu'où elle pourrait aller... Mais il est certain... Que le moine n'a pas réalisé... Qu'il n'a pas tout vu... Ou bien, alors... Juste un instant... Dans un éclair de lucidité, il a entrevu... L'immensité de sa folie... Et il s'est souvenu... De cette chose qui était en lui, aussi, c'était il y a longtemps... Il avait alors fait des choix pour faire la disparaitre... Mais sournoisement... Les démons s'étaient rapprochés et par des songes et des illusions avaient fait en sorte qu'il se souvienne... Et alors , il sut... Ce qui était en lui depuis toujours... Et à nouveau, tentait de fuir... Sa propre réalité... Sa nature... Qui transperçait, par tous les pores de sa peau... Attirant des êtres qui pourraient se nourrir de cela... Attirant la douce et innocente Léa ( Quoi ? Qui ose douter de cela ?... )...

Qui elle même, face à sa présence, se souvint... Tant de possibilités oubliées... De sentiments effacés... D'idées refoulées... Existantes toujours, vivantes, vibrantes et puissantes... De la folie pure et du désir... De l'amour... Et du feu... Qui couvait sous les braises...

Un peu de vie, peu importe le prix... Le moine, ouvre... Laisse moi donc passer... Je t'en prie...


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Jeudi 13 mars 2008
publié dans : le moine
 
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