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Sale temps pour les Loreleï. C'est l'hiver en été. Et si rien ne parvient à les réchauffer jusqu'où survivront-elles ? Les rivières sont gelées jusque dans les profondeurs, figées sur papier glacé. Rien ne bouge. Esthétique immobilisme des non morts dormant tout le jour dans leurs luxueux cercueils d'ébène. Viendont-ils la nuit boire un peu de sang à votre gorge ? Juste pour se nourrir un peu, puisque c'est tout ce qu'il leur reste...

 

N'entendez donc vous pas ? Leurs hurlements vrillant l'air, sans un bruit. Ne voyez-vous pas ? Leurs cauchemars projetés sur écran géant, sans image.


Mais tout est vain, parait-il. D'ailleurs, votre voisin, le chien de salon, pomponné et apprété vous a probablement expliqué déjà qu'elles n'ont que ce qu'elle méritent. Toutes ces Loreleï, qu'elles soient de l'enfer ou du bon droit. Féminins masculins, singuliers pluriels pour une même réalité. Hé bien oui, c'est tellement simple. Regardez donc de quelle façon l'évidence miroite dans la mare brune. Comme elle brille ! Reflet de lune enchanteur et mouvant... Essayez donc de l'attraper !


Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La première chose sur laquelle se poseront vos yeux. Si c'est la plus proche, est-ce pour autant la plus tangible ? Ainsi donc les Loreleï n'ont qu'un pas à faire. Juste un seul ! Qu'elles se lèvent enfin, sortent de leurs cimetières et se dirigent vers la lumière. C'est tout ce qui leur incombe. Simplissime n'est-il pas ?... Qu'attendent-elle donc alors ?


Car enfin, après tout, qu'importe que le soleil leur brule la peau et les aveugle. Qu'importent la solitude et la terreur de l'inconnu. Qu'importent tous ces chasseurs armés de pieux et d'ail. Ils n'existent pas, de ce côté, ces désireux de se faire une créature des ténèbres. Juste pour avoir un joli trophée accroché au mur. Ils n'existent pas, non !... Les loreleï les sentent, leur instinct les prévient, leur mémoire leur rapelle. Mais tout est faux bien sur. C'est impossible ! Qui donc s'en prendrait à l'animal blessé et isolé ? Personne, bien sur !... Ce n'est pas dans les lois de la nature. Jamais. En aucun cas.


Ainsi donc elle n'ont qu'à s'avancer en confiance. De toute la grace et l'ampleur de leur beauté majestueuse...


Dès lors, il suffira de suivre le filet de sang coulant dans leur sillage pour connaitre leur position. Puis, pour quiconque le souhairera, restera juste à se jeter sur une créature isolée. Dès qu'elle sera suffisement à decouvert. Ainsi le pseudo guerrier du jours pourra fièrement rapporter à ses proches, un lambeau de chair vaillement obtenu. Et jouir, enfin, d'un prestige renforcé. Jusqu'à la prochaine fois. Quand ça ? Dans dix ans ? Cinq ? Juste douze mois ? Six, alors ?... Trois ? Quelques semaines ? Des jours ? Cela pourrait-il descendre jusqu'à l'heure ? Ou même encore moins ?... Jusqu'à la première occasion, vraisemblablement. Car il est un désir d'orgueil, basé sur de fausses apparences, tels qu'il est insatiable. Car comment se rassurer durablement avec des mensonges ?


Ainsi donc les Loreleï naviguent perpétuellement entre deux mondes. Celui des ténèbres avec ses griffes crochues, mains puissantes et avides. Et l'autre.


Mais c'est de leur faute ! Elles n'ont qu'à passer la frontière...


Cette nuit, une Loreleï a pleuré sur mon épaule. Et moi, pour une fois, je l'ai simplement serrée dans mes bras.






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Et parfois... Une ouverture dans la muraille épaisse. Juste un entrebaillement. Mais qu'y a t'il derrière ? Loreleï n'est même pas sûre de la réalité de cette possibilité que déjà elle tremble. Il se pourrait même que la porte se referme avant qu'elle ne parvienne à l'atteindre et à s'y engouffrer. Que faire si cela arrivait ? Utiliser toutes ses forces pour essayer de passer ? Ou renoncer et essayer ailleur ? Elle n'est même pas certaine de vouloir aller de l'autre côté. Ne cesse de se demander quels sont les dangers qui s'y cachent. Mais si elle ne le fait pas, elle risque d'attendre encore longtemps. Passera t'elle le pas, un jour ?


- Loreleï, écoute moi : " Seul le premier pas coûte !"... Je le sais, les anges me l'ont dit dans le creux de mon oreille. Ils ont bien essayé de te parler directement, mais tu n'entends rien !


- Ha oui ! Et tu es qui pour me dire ça ? J'ai peur ! Tu m'entends ? J'ai peur, peur, peur, peur et PEUR ! JE CREVE DE PEUR !


- Mais bon sang, t'es pas vraie toi ! Essaie de regarder un peu objectivement les choses... Tu crèves, oui... Tu crèves vivante si tu restes là. Alors quoi ? Qu'est-ce que tu risques ? Quel serait le pire qui puisse arriver ? Tu te l'es demandé, au moins ?... Quoi ? Mais qu'est-ce que tu me racontes ? Tu te fous de moi, là ?... J'espère ! Tu pourrais te faire agresser en longeant cette longue route isolée ? C'est quoi ces conneries ? Tu crois pas sérieusement à la sécurité de l'endroit où tu te trouves ? Franchement, cette dernière n'est qu'une illusion ! Rien ne te garantis qu'il ne t'arrivera rien demain simplement parce que tu seras restée dans un endroit que tu connais ! Tu réalises l'absurdité de tes propos ?... Et tu te sers de ça comme excuse pour ne rien faire ? T'as pas bientôt fini, oui ? Un peu de courage !


Et loreleï reste là à se demander ce qu'elle va faire. Ce territoire, c'est le sien. Elle sait ses limites et son obscurité, en a fait cent fois le tour, a conscience qu'elle n'en tirera rien de plus. Et elle sent, la vie qui l'appelle par delà les murs. Mais rien à faire. Pas moyen d'en sortir. Trop peur. Hé bien oui, la vie est dangereuse où elle n'est pas... Donc Loreleï est n'est déjà plus, ou si peu. Et de toutes façons, dans tous les cas, la vie est une maladie mortelle. personne n'y échappe. Mieux vaut mourrir vivant, qu'être mort vivant... Et tout pourrait bien se passer, aussi... Et puis même qu'avec un peu de chance...


- Loreleï ! Non ! Stop ! Commence pas à délirer... Tu peux pas t'en empêcher, hein ? Et ça te fait rire, en plus ! Tu peux pas être sérieuse plus de trente secondes ?...


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Envie de disparaitre, de fondre, de s'endormir... Longtemps, très longtemps... Y'en a marre ! ça passera... Ouais... Comme d'hab ! Loreleï a un problème entre elle... Et elle ! Inutile de chercher des coupables à l'extérieur... Ha oui... Inutile aussi d'en chercher à l'intérieur ? Pas coupable, mais responsable... Je ris doucement. C'est un peu comme quand vous avez la fièvre, objectivement, à l'instant présent, ça roule ! Alors quoi ?...


Combien parmi vous font comme elle ? C'est peut-être le cycle normal des choses. Par moment, faut-il s'arrêter et attendre que ça passe. Mais déjà tellement de temps perdu ! Non. Continuer. Un pas. Puis un autre. Rien ne se perds. Se reconcentrer sur l'objectif ? Mais quel est-il ? Si au moins la cible était claire...


Mais rien. Même pas envie. Aller où et pour quoi faire ? Déjà tant de temps perdu...


On peut tourner longtemps en boucle comme ça...


Se remettre au travail... Il n'y a que ça... Mais ça ne fera que tromper le temps qui passe, ça évitera d'en perdre un peu plus.


Mais pour quoi faire, de toutes façons ?... Juste envie de dormir... Longtemps, très longtemps...


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Aller bosser, oublier, ne plus penser, jamais... Es-tu capable de lire sans ses pensées ? Loreleï n'en peut plus. Et pourquoi tout ça ? Encore aujourd'hui, tu l'as vue, elle t'a souri... Puis elle est repartie... Elle a refusé de parler. Voulu disparaitre à elle même. Elle travaille. Une enveloppe vide. Pourtant, regarde là. Que vois-tu ? Rien d'autre que le même personne que tu croises chaque jour. C'est une fille bien... Formidable non ! Ha oui, tu l'aimes, bien sur ! Qu'en serait-il, qu'adviendra t'il demain ?... Quand tu sauras... Si un jour elle t'ouvre son coeur ?


Tu es comme les autres ! Ce que vous voulez tous... Ce que je veux, moi aussi ?... Que les êtres soient ce que nous voulons. Qu'en est-il de leur personne ?


Les jours s'alignent. La liberté se défile. Et même si... Loreleï est seule. Comme chacun avec soi-même. Il lui reste, comme à toi, lui ou elle, enfin, vous, moi... Un univers de pensées à explorer. Et toujours, le temps passe. Comment contrôler quoi que ce soit ? Et pourquoi pas simplement faire ce qu'on veut ? Juste une fois. Sais-tu le prix qu'elle paierait pour ça ? Celui qu'elle aurait été prête à mettre ? Ou ce que ça coûte de ne pas le faire ? Et combien encore pire cela pourrait-être... Ou mieux, qui sait ?


Et si, et si... Le rêve s'était réalisé... Un jour, deux, trois ? Quinze ? Un mois, deux ou six ?... Pour que ça devienne un cauchemar. Echange prison contre terreur noire. La vie. Juste un peu. Même si c'est pas bien. Même si...


Et un sourire à ma copine si discrète croisée ce matin et à mes livres... Et à ce jeu... Celui de la vie... Pfff... Combien de coups joués dans l'eau ?... Font des ronds... Et puis rien. De la même façon que si rien n'avait été tenté. Tant d'énergie versée en pure perte... Et pourtant... Rien ne se perds... Il parait.


As-tu songé à toutes les Loreleï que tu vois chaque jour ? Tu crois vraiment pouvoir te fier à ce que tes yeux te montrent ? Ce sont toutes et tous, des hommes ou des femmes... Et bon sang, comment juste effleurer le coeur de toutes leur richesses interdites ? Tant de complexités, de potentialités, résumées à de simples : je, tu, on le fait ou pas ? Combien de gestes avortés ? De résultats perdus à jamais face la vie qui leur était promise.


Et si pour une fois tout se passait bien ? Que tu me donnes la main... Et alors nous avancerions ensemble. Additionnants nos noirs respectifs pour respecter nos globalités communes...


Et si nos obscurités personnelles se reflétant créaient une lumière, nouvelle ?... Serait-ce si mal que ça ? Nous seuls en payerions le prix.


Et combien regrettent amèrement pour n'avoir rien tenté ? Qu'adviendrait-il si tu pouvais lire dans les pensées, savoir ce que toutes les Loreleï te cachent ? Et pourquoi, pourquoi faire ça, alors qu'il suffirait...


Mais il existe un ordre établi... Et il n'admet pas. Pourtant, ouvrez vos yeux, vos oreilles et votre coeur. la connaissance est là, à portée de sensibilité... Rien ne sert de tenir.


Les vis sont serrées, les étaux bloqués. Où est le dégripant ? Quels sont les intêrets gardant le flacon universel de la liberté pour leur propre usage personnel ?


Qu'ils aillent se faire voir !


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- Loreleï ?... Tu l'as vu là-bas ? Tu es sûr que c'était bien elle ? Non, je te crois pas... je la connais, moi... Elle ! S'éloigner si loin de ses terres... Non, impossible !


- Pourtant, c'était elle, je t'assure ! Je l'ai reconnue ! D'ailleurs, si tu n'me crois pas... Viens, suis moi... On devrait pourvoir retrouver sa trace.


- Bon sang, mais qu'est -ce qu'on attends ! Je te suis !


Et nous voilà partis, en courrant. Aujourd'hui c'est toi mon guide, tu es le regard, ce sont tes yeux qui voient au-delà. Moi, je l'aime trop. je suis aveugle. Inapte à la protéger d'elle-même... Pourtant, c'est pas nouveau. J'aurai dû remarquer... Mais elle me réponds dans un rire... Et elle a tellement l'air d'avoir besoin de ça... Juste pour pouvoir survivre. Que me cache t'elle, à la fin ?


Et toujours :


- Dis moi, ma belle : tu as pensé à manger aujourd'hui ?


Elle me réponds dans un sourire malicieux, irrésistible : " J'y ai pas pensé, j'avais pas faim et puis y'avait rien et puis j'avais pas envie... Va falloir que j'y pense... Je commence à crever la dalle, là. Mais j'ai pas le temps, tout de suite, on verra plus tard."... Et elle part faire toutes ces choses, indispensables, vitales... Si, si...


Et l'autre jour, avec son médecin désabusé :


- Et vous voyez votre cardio régulièrement ?


- Ben, j'y suis pas retourné depuis l'opération...


- Vous prenez encore des médicaments ?


- Ben non...


- plus rien ?


- Non...


 

A quoi joues-tu, mon amour ?... Et ces bains que tu prends, bouillants à en défaillir. Desquels tu ne ressors que transie de froid, grelottante et la peau complètement abîmée. Et moi, je te laisse faire. je t'observe sans rien dire. Pourtant je t'aime, je crois... Et là, tu es partie dans ce fichu quartier puant. Tu sais que tu vas te faire démolir, mais t'y vas quand même. Loreleï... Tu vas t'arrêter où ? Et tu veux me dire quoi ? Que cries-tu sans un bruit ?


- Tu es sur que c'est là que tu l'as vu ?


Tu cherches du regard, il fait si sombre... Et l'endroit est tellement sordide. Toi même qui pensais la connaitre, te disais qu'elle avait changé... Tu t'es planté ! Tu ne sais rien !... Et moi non plus d'ailleurs... Sauf ce qu'elle m'a dit : comme elle hait les apparences... Et les convenances surtout... Et tous ces gens, jugeants dans le vide... Parce qu'ils sont propres eux ! Bien sur... Tellement propres... Ils aiment tellement y croire... Croire en eux. En leur valeur. Supérieure. Fadaises. Foutaises ! Et malaise... Envie de vomir sur tout ce blanc... Trompeur... Et ces bonnes et belles consciences.


- Elle est là-bas !


Au détour d'une rue je la vois disparaitre. Accrochée à la taille d'un inconnu.


- Loreleï ! Noooooooooooon ! Attends-moi ! Reviens ! Mais tu vas où ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Loreleeeeeeeeeeeï !


Je cours pour la rattraper.


Ils ont disparu tous les deux dans la nuit.


Loreleï...


 


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Loreleï ne cesse de se noyer. Elle ignore dans quoi, mais ça ne l'empêche pas de boire la tasse d'amertume, encore et encore. Et plus elle se débat, plus elle s'enfonce. Parfois des mains se tendent. Que ce soit la mienne, la tienne ou celle d' un autre, elle voit, entends, tente même de s'agripper, parfois. Mais c'est comme si chaque surface se trouvait enduite de savon liquide. Aucune prise ne semble solide et Loreleï ne parvient pas à s'accrocher.


Ce matin, tu la croiseras et pas un instant tes pensées n'imagineront ce qu'elle peut vivre.


Je la vois d'ici. Elle passe, te regarde, te souris. Si vous vous connaissez déjà un peu, vous discuterez un moment... De choses dont tout le monde se fiche éperduement. Surtout toi et même elle s'en moque, mais il faut bien s'approcher d'autrui, d'une façon ou d'une autre. Avec un peu de chance, vous parviendrez à trouver un intérêt commun et alors là, vous pourrez vous oublier, l'un comme l'autre. Car après tout elle ne sait toujours rien de toi. Rien de réel, de concret, de profond... Ensemble, les êtres peuvent se réchauffer parfois, quand ils ne se détruisent pas.


Et parfois, ils se connaissent un peu plus, se font confiance, se racontent l'un à l'autre... Et alors, tu ou je, on a vite fait de s'imaginer connaître la personne en face de soi. Mais en réalité combien de choses ignores-tu ? Peut-être qu'elle même ne sait pas...


Et puis combien d'amours, d'amitiés et de trahisons. Parfois, même les plus proches. Et puis, il y a ceux dont vous ne songerez jamais à vous méfier. Ceux dont le soutien vous semble acquis, devrait l'être d'office, ceux dont vous n'avez pas le recul suffisant pour voir qui vous noient sous des apparences trompeuses, ne font que vous affaiblir et attendent que vous les remerciez, vous traiteront d'ingrat si jamais le doute vous vient... Mais pourtant, sachez bien... J'ai entendu les pleurs de Loreleï murmurer à mon oreille... Si quelque chose en vous gueule qu'il y a un truc pas normal... Il doit bien se trouver une raison à ça. Si ça gueule tant et plus que vous essayez de l'étouffer. ça n'aura de cesse que vous écoutiez. Inutile d'utiliser les éléments de la raison contre ça. Il est des gens détournants les processus normaux, brouillants les signaux... Et vous ne comprenez plus rien. Pire... Vous croirez que c'est vous qui êtes stupide ! Certains sont très forts pour ça. Inutile de vous remettre en cause, ça ne sert à rien. Vous avez fait ce que vous pouviez. en fonctions de vos connaissances du moment... Et aussi de vos programmations.


Car vous êtes programmé, par toutes ces choses, passées, présentes, réelles ou imaginaires. Toujours, encore.


Et loreleï ne cesse de pleurer. Certains l'entendent et sont là, tout proche. Les voit-elle ? Ses sens sont-ils capables de remarquer, d'entendre, de croire encore ? Putain de peur ravageant tout. Putain de toi. Putain d'elle. De vie. De mort qui se dérobe. Et tu l'aimes... Lui aussi, à ce qu'il dit... Et d'autres encore. Et elle crève vivante. Et ça n'en finit pas. Fichu tunnel et sa lumière au bout. Tu parles ! Des pas dans l'eau boueuse, glisser, trébucher et s'étaler de tout son long. C'est toute la vie qui n'est qu'un faux semblant. Avec un peu de chance, demain elle s'endormira pour ne plus se réveiller et ce sera comme si rien n'avait éxisté. A quoi bon tout ça ?


Il l'aime. Elle le hait, le vomit. Il la méprise. Puisse t'il crever ? Puisse t'elle s'enfuir ?


La nuit et ses cauchemards n'en finissent pas de la terroriser.


Il pleut. Il fait noir. Il fait froid.


Les corbeaux s'attaquent d'abord aux yeux...


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Marcher encore et encore... Sur les routes du hasard. Tenter un nouvel itinéraire. Juste pour voir. Et réaliser qu'on a très bien fait. Un coup de chance, pour une fois ! Voir que les idées nous trottant dans la têtes ne nous mènent pas systèmatiquement en des endroits qu'il eu mieux vallu éviter.


Ce jour là, il faisait bon, une douce journée de printemps... Loreleï décide alors de tenter de voir s'il n'est pas mieux de passer par là... Elle sait que ses pas la mèneront à bon port, mais ignore si le chemin sera particulièrement rude et quelles nouvelles difficultés il apportera. Pourtant, elle choisit de l'emprunter. Et puis, elle ne prends pas grand risque... Ses yeux ont déjà vu ces lieux et savent que la direction est bonne. Ce qu'elle ne connait pas avec certitude, c'est le degré de pénibilité à passer par là, ainsi que le temps que cela prendra... Mais elle arrivera, c'est certain. Alors, elle s'engage.


Et c'est agréable. Calme. Tranquile. Tout va bien... Les ennuis s'écartent d'eux-même. Tout est simple. Et puis, les pensées se lachent, l'esprit s'ouvre. C'est curieux, juste un petit changement de décor et tout se transforme en soi. Dans un sens... Ou dans un autre. Mais là, à cet instant, Loreleï est paisible... Ou presque.


Ses pensées dévient. Encore et toujours. C'est comme une maladie la rongeant. Ou un signe... Celui qu'elle DOIT faire quelque chose. Même si c'est dur. Même si elle a peur. C'est en elle. Cette impression ne la lache pas... Et ça n'aura de cesse jusqu'à ce qu'elle règle le problème. Quelles que soient les excuses qu'elle se trouve, ses dénégations, ses : "ce n'est pas si grave, ça va". Hé bien non... Ce n'est pas pour rien que ces idées la harcèlent. C'est un message. D'elle pour elle. Pourquoi refuser d'écouter ? Qu'est-ce qui peut bien lui faire si peur que ça la paralyse ?


- C'est incroyable, ça ! Je vais te secouer, moi, tu vas voir !...


Peine perdue... C'est inutile. La vie la terrorise. Comment est-ce possible ?... Je l'entends m'engueuler :


- Comment est-ce que je peux avoir aussi peur ? Mais bon sang, regarde, regarde autour de toi ! Ouvre les yeux ! Tu crois vraiment qu'il y a de quoi avancer en sautillant, le pas léger et inscouciant ? Tu ne sais rien ! Tu ignores qui je suis... Et tu t'en fous ! Moi aussi je m'en fou, d'ailleur ! Je veux mourrir... Seule la mort est sans danger... M'endormir, ne plus rien voir, entendre, ni sentir... Mais le chemin est là qui m'appelle et je dois continuer. Que je le veuille ou non. La vie est une maitresse cruelle...


Ce qu'il faudrait c'est la rassurer... Mais qu'est-ce qui pourrait bien réussir ce miracle ? Ou qui ? Ou quoi ? Moi je sais juste la regarder avec incompréhension... Et je lui en veux... C'est pas possible d'être aussi faible ! Elle mérite ce qui lui arrive... Cette imbécile n'a qu'à se bouger le cul !


- Est-ce que je l'aime ? Vaste question... Je l'aime et je la bouscule... Je ne supporte pas de la voir ainsi... Sa vision me fait mal à l'âme... Alors je me venge de la douleur que sa peine m'inflige... Et puis c'est si facile... Jamais Lorelaï ne se défendra contre moi. Mes coups la font exister. Ainsi au moins son coeur se sent vivre... C'est moins pire que de ne rien ressentir.


Et toi, le passant observateur... Simple marcheur, ami proche ou visiteur. Que voit ton esprit ? Ton âme sait-elle ? Et puis... Pousse-toi un peu... Allez que je te bouscule à ton tour ! As-tu la moindre idée de qui tu es ?... Vaurien !... De ce et de ceux que tu as laissé derrière toi ? Du mal que tu as pu lui faire parfois ? Te souviens tu de ce jour où cette pauvre fille cherchait ton contact et où tu l'as repoussé froidement ?... Sois un peu honnête... Et voyons si tu oses me dire que tu n'as jamais fait ça, ne serait-ce qu'une seule fois. Sais-tu que tu aurais pu tout changer ?


En attendant, je tourne le regard et je remarque... Ce clochard marchant dans la rue, la lèvre éclatée, sâoul à n'en plus tenir debout. Du sang sur son visage... Il passe près de moi... Lumière sur son visage : un sourire de gosse... Il est beau.

 


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Et puis, il s'agit de manger. Ben oui, si vous tentez d'oublier, votre corps vous le rapellera cruellement. Alors, essayer d'aimer ça... Y'a quoi dans le frigo, dans les placards ? Quelle chance, il se trouve là plus qu'il n'en faut ! Se préparer quelque chose de bon, à tout prendre. Bon et rapide. Surtout ne pas y mettre trop de temps... C'est vrai, il reste encore tellement de choses importantes à réaliser... Telles que sortir le chien, faire la vaisselle, s'occuper de ses proches ou bien gagner sa vie. Primordial !


- Ben oui, qu'y a t'il Loreleï ? Tu ignorais que le monde ne cesserait pas de tourner sans toi ? Que crois-tu ? Ils s'en remettront, tous ! Même moi, je pourrais vivre sans toi... C'est ce que je fais déjà , non ? Regarde autour. Observe toi... Et au lieu de faire semblant d'être là, sois ! Pour quoi faire ? C'est à moi que tu demandes ça ?... J'en sais fichtre rien ! Tenter de sauver les apparences ? Peut-être...


- Mais, tu en vois les contours, toi ?...


Décidèment, cette fille est désespérante ! Pourquoi donc persister à mettre sur la table des questions évidentes ?


- Et si je te demandais, là, tout de suite ce que tu ressens, Loreleï... Serai-tu seulement capable d'avancer une réponse ? Regarde moi ! Je te parle ! Y'a quelqu'un là-dedans ?


Pfff ! c'est bien ce que je pensais. Il n'y a rien !


- Comptes-tu faire quelque chose pour te défendre ? Ou bien, vas-tu me laisser te martyriser sans fin ? Sais-tu que si tu me laisses faire, je t'en tiendrais pour responsable ? Vois-tu tous ces aveugles autour de nous ? Je sens ce lien nous reliant, toi et moi, nous et eux. Je sens ce malaise. Et ma colère monte encore un peu plus, si c'est possible...


Et je crie, hurle :


- Bande de misérables ! Bande de chiens... Galeux... Que la peste soit sur vous !


Je vomis des malédictions, en pure perte. Je ne pourrais rien écraser d'autre que moi-même... Et toi... Ma si tendre... Si tu savais comme je t'aime... Comme je te hais.


- Approche. Mais approche donc ! Vas-tu cesser de ramper, enfin ?


Tout ce sang ! Ces plaies ouvertes...


- Mais qu'as tu encore été inventer ? Je vais faire quoi sans toi, moi ? Reste ! je ne veux pas vivre seule ! Les gens autour, ils sont méchants.


A mon tour de te supplier, à genoux et dans les larmes : "Ne me laisse pas !"... Mais tu ne vois rien.


Seras-tu encore là, demain ?


 


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Ce jour là, Loreleï s'est levé. Un matin comme les autres. Elle pensait à toi, parvenait encore à te sentir. Ton odeur, ta peau... Mais tu es qui ? Se pourrait-il que tu ne soies qu'un putain de cauchemar. Un parmi d'autre. Un rêve horrible au milieu de réalités pas franchement belles. Ce souvenir est-il né de l'imaginaire ou existe t'il quelque chose, là, derrière ? D'ailleur. Aucune senteur, ni peau. Mais une chambre, un endroit pour se reposer, lire et rêver. Un lieu où dormir ou même recevoir... Mais quoi donc, au juste ?


De l'amour, des rires, des jeux.


- Toi l'ami, cherche dans ta tête. Où étais-tu ce jour là ? Qu'as-tu fait ou négligé ? Et moi, quelle est ma faute ? Je sais que je ne l'ai pas protégé. Comment protéger une personne de ce qui n'existe peut-être même pas ? Et puis, c'était pas si grave. Loreleï a parfaitement su se débrouiller seule !... Mais si ! Si elle te le dit, c'est que c'est vrai ! Remetrais tu sa parole en doute ? Tu oserai ? Fieffé vandale d'âme ! Cette fille ne sait dire que la vérité. Parfois elle tremble un peu et tente de jouer. Alors, à cet instant Loreleï t'inventera des histoire. Pour paraitre plus grande. Sembler si impressionante qu'il soit possible de se cacher derrière. Mais moi, je vois et j'entends : ses cris, ses pleurs, ses larmes. Et je sais : ton propre coeur en contient autant. De cette crasse empoisonante, des autres et de soi... Ou de la vie, tout simplement. C'est quelle est faite ainsi cette garce. Tu as déjà eu ta part. Ne t'inquiète pas, il en viendra d'autres encore...


Et puis aussi des jours plus beaux, histoire de te faire croire que ça vaut le coup. Histoire que tu ne cherches à te dérober. Mais Loreleï est où ? Elle me manque. Je l'aime comme je t'aime. Je m'approche de son visage en pleurs, afin de la consoler. passe mes bras autour de ses épaules. Si belle Loreleï, si douce. Essuie tes joues. Tendrement, mes lèvres posent des baisers sur son visage pour effacer sa peine. Et puis, comment résister... Mon regard dans le sien. S'oublier mutuellement. Je l'embrasse à pleine bouche, profite et goûte... Même moi, je ne respecte pas son chagrin. qui le fera alors ?


Et la belle me laisse faire. Encore et encore. Nous pouvons, nous faisons.


- Ha tu es là, toi ! Combien de fois as-tu soigneusement évité de faire ce que tu aurais dû ? Es-tu capable de compter tes bonnes comme tes mauvaises actions ? Et les autres... Les as-tu vus ? Ils sont où maintenant ? Ils se contrefichent tous de Loreleï. Même ceux qui l'aiment. Même moi. Surtout moi. Et pourtant... Comme je tremble pour son être.


Tout se mélange. Je me souviens : "Pourquoi as-tu dis oui si tu voulais pas ?". Elle m'a raconté : la rue, le froid, la nuit et la peur. D'autres pensées et des adultes absents ou coupables. As-tu la moindre idée de ce qui se passe sous tes yeux sans que tu n'y voies jamais rien d'autre que les apparences ?


- Loreleï, tu n'es rien ! Je t'aime et je te briserai pour ça. Et puis, je te réparerai. Sauras-tu alors, combien tu me dois ? Ma belle, j'en ai pas fini avec toi. Il faut bien que quelqu'un paie. Il faut bien que je soulage quelque part ma noirceur et toutes ces choses qui débordent...


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Cette nuit loreleï a pensé à toi, à lui ou même à elle, cette autre fille. Quoi qu'il en soit une âme hantait ses pensées. Et pour une fois c'était doux. As-tu imaginé une seconde, hier, quand tu as croisé son regard absent qu'en fait tu étais entré dans son esprit ? Elle ignorait ce qui pouvait bien se passer en toi l'instant où sa main a frolé la tienne, n'a pas remarqué que tu t'étais retourné sur son passage. Loreleï semblait si loin. Pourquoi avait-elle l'air si préoccupée ?

 

En tous les cas, ses rêveries se sont posées sur toi. Je le sais. J'ai même pu entendre son dialogue intérieur. Ses affirmation, questionnements, contradictions... Addictions ? Ses désirs et ses craintes... Ses renoncements. Ses obcessions. Cette fichue envie de faire encore des idioties. Et ce raz le bol. Ce même plus envie, même si elle a encore le désir de continuer. Juste pour voir. Mais ça n'en vaut tellement pas la peine...


Et puis, tu es là. Et puis. C'est tellement plus simple. Et elle se souvient, c'était il y a si longtemps. Et cette promesse qu'elle s'était faite, plus tard. Ne la tiendrait-elle pas ? peu importe. Tu étais un enfant et Loreleï une petite fille. C'est simple un amour de gosses. Les adultes peuvent s'aimer ainsi aussi, s'ils le désirent. Une seconde, tes yeux, nos mains, allongés sur l'herbe, les yeux au ciel et puis s'endormir tendrement enlacés. Tout oublier.


Et pourtant, elle pleure à l'intérieur. Tu ignores pourquoi. Le sait-elle seulement ? Tant de fils emmelés dans son histoire. je l'entends :


- Je t'aime. Je te déteste. J'ai oublié. Je me souviens. Viens. Rejoins moi. Vas t'en ! J'ai mal. Tellement quand tu es loin. Encore plus quand tu es là. Serre-Moi. Embrasse-moi. Oublie-moi. Souviens-toi. Pour moi... A ma place... Tout se déforme. C'était comment la vérité ? ça éxiste ça ? Ou c'est une illusion de plus ?


Un jour Loreleï s'est enfuie. Souvent elle a voulu mourrir. A t'elle tenté seulement une fois d'en finir ? Et toi, de quelle façon te suicides-tu ?


C'était la nuit, c'était l'hiver et il faisait froid. A t'elle connu ce soir là sa plus grande peur ? Ou les autres étaient-elles plus terribles encore ? Toutes les autres. Celles que personne ne voit. Celles qui sont socialement admises...


- J'ai envie que tu m'aimes, que tu m'accompagnes. Te donnerai-je en retour ce que tu mérites ou te ferai-je payer pour les autres ? Ceux pour qui j'ai tant et rien donné. Ou moins. Ou plus. Ou rien. A cette seconde, je suis loreleï... A moins que ce ne soit toi ?


Où est passé le voleur de temps ? Le voleur d'âmes ? Dans le ciel passait une histoire...


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