Se promener sur le fil du rasoir, aux confins de la raison. Les portes de la folie sont grandes ouvertes.
Ambivalence. Désirs troubles. Plaisir.
Faut-il oser ? Se jeter dans le vide, sentir les flammes de la vie réchauffer cette âme mourrante.
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Attila guerrière sanguinaire contemple les terres brulées. Voici le territoire qui s'offre à elle.
Faire juste un pas et vivre. Ou mourrir. Non, aucun risque : la mort est déjà sur elle...
alors, renaître, peut-être... En plus fort, en plus vibrant. Mais pour du faux, car ce n'est pas cela exister...
Ou peut-être que si : être-humain, bête à sensation, à sentir, à ressentir.
Sentir à nouveau. Humer les herbes folles et l'odeur âcre du sang.
Attila, troublante guerrière troublée.
Femme folle qui se lance dans une bataille éperdue. S'autoriser à devenir criminelle, à tuer, déchirer, broyer.
Commettre l'assassinat pour saisir l'instant de vie. Voir l'étincelle. Obtenir que son regard se trouble. Sentir
l'éveil des sens interdits. Baigner dans la liqueur rouge, douce et chaude comme une caresse.
Un étrange sourire se dessine sur ses lèvres. Oui, s'organiser. Se préparer. Bientôt se sera la fête : le dimanche des détraqués. Petite lueur qui danse dans le regard....
Ils sont tous là, venus au rendez-vous dans les vastes plaines. Qui donc aurait songé qu'ils seraient si nombreux ? C'est à peine croyable, les terres ne sont même pas assez étendues pour accueillir tant de monde. Tous des allumés. Tous bien décidés à laisser se débrider leurs pires instincts. Ca va pouvoir commencer...
Non, c'est déjà parti ! Vous n'imaginiez tout de même pas qu'il fut possible de contenir, ne serait-ce qu'un instant, toute cette puissance de feu qui n'attendait qu'une étincelle ?...
Les vallées, en une fraction de seconde se sont embrasées. Les êtres se consument. Leurs brasiers intérieurs trop longtemps contenus se libèrent et ravagent tout sur leur passage.
C'est le règne des fous qui implosent, les monstres sortent des corps de leurs hôtes consentants, déchirants les chairs, explosants les boites craniennes et faisant gicler les cervelles. Apparaissants, enfin, dans toute leur grandeur, leur puissance et leur macabre beauté.
Ils sont tous là. Tous les ravagés. Ceux qui ont le goût du meurtre. Et les autres, qui souhaitent mourrir... Ce sont les mêmes. Tuer ou être tué. Le goût de la torture. Les frissons dans l'échine.
La lave brulante dévore tout, glissante et rampante comme un serpent de feu. Pas un n'en réchappera.
Attila, l'instigatrice. Attila, reine de la fête. A L'unisson. Ne faire plus qu'Huns. Etre tous et personne. Le diable et la fureur pour partenaires. Et trembler. Une fois encore. Sentir la peur monter, s'infiltrer, pénétrer. La désirer. Souhaiter la produire et vouloir en jouir.
Couples infernaux. Etre bestiaux. Livrés à eux-même sans retenue. Des pluies acides arrachent aux entrailles des ténèbres des hurlements de terreurs.
Attila a rejoint l'amour et le désir de l'autre côté. La porte s'est refermé. Il fait noir.
Pourra t'elle, un jour, refaire la route dans l'autre sens ? Le souhaitera t'elle seulement ?
Une angoisse profonde étreint son corps, comme des bras trop serrés, un étau impalpable... Enfin, une sensation puissante lui permet de se sentir en vie.
Ce n'est que le début de sa quête. Détruire. S'auto-détruire. Reconstruire.
Faire doucement glisser sur sa peau une lame... Le sang roule tel une larme sur ses joues.
Sensation étrange.
Délire.
Rejoindre le ballet, la danse des fous.
Sublime noirceur.